Du même au même
{Jbid., D» 51.)
Paris, ce 2 mai 1790.
... Les insurrections contre le Châtclet et les ministres, mon cher Fiisac, ont l'air de se calmer. La misère augmente à vue
1. M DimaDcbe [28 mars], dit L'0b9ervateur du 30 man, les groupes se sont formés «le nouveau aui Champs-Elysées, aux boulevards et dans difTérenU cudroils. Toujours la rareté du numéraire étoil le prétexte dont on se servoit, pour semer des propos alarmans et sMîlicux. Le soir, une quarantaine de jeunes gens ont traversé le Palais-Royal en ordre àe bataille, leur canne sur Tépaule; ce rassemblement a un peu effrayé les citoyens tranqoille^ On a arrêté deux de ces jeunes gens. . . » {L'Observateur, n* 102). — « De norobrettM» patrouilles, dit le même journal, à la date du 1«' avril, rompent tous les jours les groupes du Palais-Royal ; .. les plus dangereux sont ceux où Ton lient dos propos séditieux contre la Caisse d'Escompte.... On arrête tous les jours de ces rootionneurs incendiaires. U y en a depuis samedi [27 marsj vingt-quatre ou trente tant à la Force qu'au Chiteleta {VObiemi' Uur, n« 103.)
A M. FILSAG 189
d œil. Je suis surpris que vous ignoriez que Camille Desmoulins*, Marat, Prudhomme*, Loustallol ' et une infinité d'autres folliculaires sont autant de scélérats soldés pour mentir, pour injurier avec effronterie, et pour tromper les badauds de la province. Le sort des honnêtes gens est dans ce temps de crise dêtre déchirés par les méchans et loués par les bons esprits. Je n'ai ni le temps, ni la volonté de m^occuper de ces folliculaires. Je serois bien fâché que Camille Desmoulins, et tant d'autres folliculaires à la solde disent du bien de mes opinions et de ma conduite. Leur témoignage en ma faveur seroit une redoutable censure dans l'opinion des bons citoyens. Tant pis pour ceux qui nourrissent leur esprit d'une semblable lecture ; il ne faut plus dès lors être surpris que les sectateurs de cette classe d'écrivains soient exagérés dans leurs opinions et même enragés...
Ou nous écrit de toutes parts que les troubles augmentent dans les provinces. Notre province est perdue, si on fait une mauvaise élection. Il faut à la tête de l'administration, surtout dans ce temps d'orages et de délire, des hommes de caractère et de talent, et point de polissons et d'étourdis. Vous m'entendez.
Vale.