‹ Lettres d'aristocratesChapitre 165 sur 541 · De la même au même · texte numérisé non relu

De la même au même

{Jbid., n* 129.)

[Paris], ce dimanche [... 1790?].

Vous êtes bien heureux, mon cher baron, d'être un démocrate à toute épreuve. Vous n'êtes point sujet aux fouilles nocturnes comme nous ! Ceci vous paroît un peu ténébreux ? Les aventures de nuit le sont toujours. Je venois de me jeter à corps perdu dans mon lit, cette nuit, à minuit très sonné, Morphée me pressoit doucement dans ses bras, et j'étois disposée à recevoir toutes ses faveurs, lorsque des pan, pan, pan redoublés m'arrachèrent aux douceurs du repos. J'écoute, je me f... en bas de mon lit, et me voilà à la fenêtre. Dieu ! Qu'ai-je vu? Nation, municipalité, écharpés...etbien dignes de l'être, et un abbé au milieu de tout ce gâchis. « Que deman-

t. U Fayette.

2. La- aeptièmt des Lettrée bougrement patriotitfuea du père Duchesne, du journaliste Asioiae-Pniaçois Le llairet a trait k la séance de 1 Assemblée du 12 octobre, où Mirabeau et le dac d'Orléans furent nus hors d'accusation au sujet de l'affaire des 5 et 6 octobre.

198 M™* CRESS0>'N1ER DE BEA.UPLAN

dent ces messieurs, fis-je? — Ouvrez^ Madame! — Messieurs, leur fis-je, j'ai bien la serrure ; mais la clef, bernique ! — Eh ! bien, Madame, nous allons enfoncer. — Miséricorde ! Messieurs, messieurs, n'enfoncez pas, on va vous ouvrir, mais un peu de patience ! » Je me mets en route et me voilà branlaDl, tirant, sonnant, abattant toutes les cloches du couvent. EfifiB, toutes nos mères se réveillent, et toutes, bougies en main, chapelets de l'autre... On ouvre. Dieu, quel moment d'épouvante î Une visite générale est le motif de cette incursion inquisitoriale. Mais, être visitées par la Nation !... « Non, non, ma mère, je ne le souffrirai pas, je ne le souffrirai jamais ! — Hé bien î... », dit la mère. « Messieurs, me voilà, visitez, voyez, enfoncez, je me soumets à tout ». La résignation, mon cher baron, est une belle chose... Enfin, à î heures du matin, nous nous sommes toutes recouchées, bien visitées, bien enfoncées, et le tout d'après l'ordre de la municipalité.

Voilà, mon très aimable démocrate, les petites nocturnes des bonnes filles hospitalières de Saint [Thomas]. A mardi le reste.

Je vous embrasse de tout mon cœur.

LETJIUE BE m. .DCUIMARE DE ^OMIX * .A SON PÈRE (t5 JUILLET 1790)

Un récit de U fôle do la Fédéralioa par un député de la garde naliouale de Coul

De M. Delamare de Crux à son père^ à Coiitanc

(ârâu odt., WiTB, dose. Tl, rt* 14.)

P«rl5, IS Juillet 1796.

Il a fail tous ces jours un temps affreux. Mardi 13, le J .passé en revue tous les confédérés tant des gardes natio flue des troupes de ligae. G'étoit aux Tuileries. Malgré V feuillage de la grande allée, on étoit inondé. Le 14, jour fameuse cérémonie, je me suis rendu au Champ de Mars les députés extraordinaires des communes de France', marchions en corps et en ordre. Nous avons été placés à philhéàtre, à la gauche de l'Assemblée nationale, au mili laquelle se trouvoit le Roy avec la famille royale. Figurez une foule innombrable de personnes de tout sexe (le féi y étoit cependant en plus grand nombre) figurez-vous, d cette foule environnant le Champ de Mars. Au milieu l'autel de la patrie, où l'évêque d'Autun a célébré la mess pluie, qui a tombé dans certains instans avec la plus gi violence, n'a pu refroidir la chaleur patriotique du bon pas Il a célébré la messe avec toute la dignité dont il est cap Derrière l'autel de la patrie étoit un arc de triomphe, par 1( sont arrivés messieurs les députés de la fédération. On construit un pont de bois sur la rivière, un peu au delà barrière Chaillot. A trois heures après midi, sont arrivés

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