AU BARON DU BLAISEL
tent, dit-on, quand ils ont peur. Nous sommes de iurieusemeni grands enfans, car nous avons fait bien du tapage. Et nous voilà tout droit sur nos jambes.
J*ai vu ce matin notre grand générale II n'avoit que deuji écuyers cavalcadours à cheval, lui troisième dans sa voiture. J'ai admiré avec quelle présence d^esprit il a donné ordre à son cocher de n'écraser personne. C'est un bien grand homme !
Mon petit bonhomme d'esprit est noir comme le diable ! Il n'est pas plaisant de devoir payer en un jour de 40 è 60.000 francs ! Voilà cependant ce que me fait la culbute d'hier! H faut avouer qu'une révolution est bien convulsive. N'importe ! Vive la liberté, f... ! Il y a un homme qui m'a failli faire sauter dix pieds de haut ce matin, en criant comme un damné à mes oreilles : « Septième lettre bougrement patriotique du Père Duchesne-I » Ce bougrement fut prononcé si énergique ment, qu'oubliant qu'une belle dame ne devoit pas jurer, je dis très haut : « Ha ! foutre! mon ami, comme vous jurez! » El vingt personnes de rire de bon cœur, et moi aussi, quoique rouge jusque derrière les oreilles. Voilà, mon cher baron, ce qui s'appelle hurler avec les loups.
Bonsoir, mon très aimable et bon ami...