JUILLET — 30 OCTOBRE
Notice. — La iouraée du 14 jaillet 1790. — Espoir qu'elle redonne aux honnêtes gens. Désillusions qui suivent. — Touchante profession de foi royaliste.
Les lettres adressées à M. Denis-Bernard-François-Casimir Lefebvre de Givry, officier d'artillerie, émanent de personnes si diverses, et sont de dates si différentes que }'ai dû renoncer à les publier en même place. Bien que d'une paresse épistolaire, dont les reproches continuels de ses correspondants font foi, cet homme parait avoir été traité en enfant gâté par sa famille et ses amis, qui, sans compter, Taccablaient de leurs lettres. Elles remplissent aux Archives nationales près de trois cartons. * Toutes n'ont pas malheureusement le même intérêt; toutes, plus malheureusement encore, n'ont pu me donner sur lui, ses parents et ses intimes autant de détails biographiques que j'eusse souhaité.
Né le 29 novembre 1742, M. de Givry avait d'abord servi dans la Marine, de 1754 à 1760. Entré au corps royal de l'artillerie en 1761, il était lieutenant en 1762, capitaine en 1772, inspecteur de la manufacture de Klingenthal en 1781. En 1786, il reçut la croix de chevalier de Saint-Louis, et passa la même année à la manufacture de Maubeuge, où il resta jusqu'en 1791. Nous savons que, cette année, il fut nommé lieutenant-colonel et envoyé à Douai. Émigra-t-il î La chose est probable. Elle ne fut toutefois jamais officielle, puisque les papiers saisis chez lui à Paris portent seulement la mention : Absenl ; et j'ignore où et quand il mourut.
M. de Givry était resté célibataire ; mais les siens semblent avoir entouré ce vieux garçon d'alTections très sincères. Il avait deux sœurs : l'une, — son aînée de trois ans, — M"« G. de Givry, ne s'était pas mariée et parta- Reait sa vie à Paris entre sa famille et quelques amies, dont les plus proches étaient M** de la Live, et la marquise de La Borde, la femme du célèbre financier ; l'autre avait épousé M. de la Motte, médecin à Paris, A qui elle avait donné quatre enfants, deux fils Henry et Achille, et deux filles Agathe et Aglaé.
Ce sont les lettres de M"» de Givry, de M-« de la Motte, et de l'une de ses filles, Agathe, qui forment une partie de la correspondance de M. de Givry que je publie ci-dessous, et que je publierai un peu plus loin.
J'y joindrai, à leur place chronologique, quelques lettres à lui adressées