Du même au même
{Ibid., n* 59.)
Paris, le i3 mai 1789.
...Nous avons clos hier, mon cher Saint-Luc, le procès- r!i
verbal de notre assemblée exlra mur os. Nos cahiers sont plus modérés que bien d'autres ^ Cependant M. d'Éprémesnil en a été le rédacteur. Re$ miranda ! Je ne connoissois pas cet homme J^
qui court à la célébrité par des chemins raboteux, puisqu'il lui a j,^
fallu passer par celui qui l'a conduit aux îles Sainte-Margue- ^'^
rite*. Quoi qu'il en soit, j'ai été charmé de sa logique, de sa patience et de sa science sur le droit public, qu'il a développé avec une grande facilité. Aussi a-t-il été élu le premier député', ensuite le duc de Castries*, le fils du premier président d'Ormesson*, et le bailli de Crussol*. Ces trois derniers ensemble ne valent pas lui seul.
On dépouille le scrutin qui a été fait lundi à l'assemblée intra muros. Vingt personnes ont été mises sur la liste de
1. Le cahier de la noblesse de la prévôté et Ticomté de Paris extra mwo» est publié dans (^kissiii. op. cit., i. IV« p. 419-il6.
2. Jean-Jaeqms Durai d'Éprémesnil, né en 1746, guillotiné en 1794. sTocat du Roi au ChAtelel, puis conseiller au parlement de Paris, avait été emprisonné à l'Ile Sainte-Margue- Hle pour la résistance qu'il avait opposée aux ordres du Roi au moment de l'afTaire des pvIsaenUen 1788.
3. D'Eprémesnil fut élu député le 6 mai (Chassin. op. cit., t. 11. p. 356).
4. Armand-Cbarles-Augustin de la Croix, duc de Castries, né en 1756. mort en 1842.
5. Anne- Louis- Praoçois-de-Paule Lefévre d'Ormesson. né en 1753, exécuté en 1794. Castries «t d'Ormesson forent élus le 7 mai (Chassin. t. li, p. 356-357).
6. Alexandre-Ckaries- Emmanuel, bailli de Grussol (1743-1815), fut élu le 9 mai {Ibid., p. M8.M9).
aque billet et dix de ceux qui auront le plus de voix seront députés élus ; les dix autres seront les suppléans, à qui un et du Conseil interdit l'entrée des États généraux à moins il n'y ait vacance par mort.
^es cahiers de l'Église 'int7'a muros portent en tête que le y ne tenant son royaume que de Dieu, lui seul a le droit de PC des lois comme il lui plaît^ Ceux des autres Ordres de ites les provinces expriment autrement leur principe, en iant que c'est à la Nation à les faire, et le Roy à les faire 5cuter. Nos cahiers sont un médium, car ils disent bien que Nation peut faire des lois avec la sanction du Roy. Il se urra faire que tout cet appareil sera de la bouillie pour les ats, et que tous ces députés, dont les têtes sont fort exaltées, 'ont renvoyés à leurs foyers avant deux mois. Ce qui me termine à le croire, c'est le peu d'accord qui règne entre les dres. Déjà, celui du Tiers a manifesté sa volonté à faire en mmun l'examen des pouvoirs des députés'^. Ce n'est le sennent ni de l'Eglise, ni de la Noblesse, qui se sont retirés aux lambres, et il transpire que le Tiers Etat fera trois sommans aux deux Ordres de se rendre à leur volonté, et qu'au cas refus, il se déclarera lui seul la Nation. S'il est ainsi, il sultera plus de mal que de bien d'une pareille assemblée, eu sait à quels maux nous devons nous préparer ! Enfin les dix députés de la ville sont nommés'. Les États généux n'en seront pas plus complets, puisque l'Artois, le Béarn la noblesse de Bretagne n'en fournissent pas.' Il pourra aussi îlever quelques difficultés pour les députés du Dauphiné et I la Franche-Comté, pour lesquels il y a des protestations de Lirs compatriotes. Il m'est revenu que le Tiers de Quimper apercevoit qu'on l'avoit mené trop loin. Vous devez le voir mieux que moi.
Hommages et respects à tout ce qui vous entoure et ►mptez sur la fidélité de la tendre amitié qui m'unit à •us.
. Les c&faiers de l'Eglise intra muros sont publiés dans Chassin, t. III, p. 305 et suiv.
. Dès le 6 mai, les discussions s'élaient ouverlcs dans les Ordres au sujet do la Yérifica- II des pouvoirs en commun, ou dans les Chambres. Ce jour-là Tordre du Clergé et celui la Noblesse s'assemblèrent, chacun dans la salle particulière qui lui était destinée. Iaî rs Etat se rendit dans la salle commune et invita les doux autres Ordres à se réunir à lui ir la vérification commune des pouvoirs.
t. Ces 10 députés nommés le 13 mai étaient : le comte de C 1er mont-Tonnerre ; le duc de RochefoucauJd ; le comte de LaIl>-Tollendul > le comte de Lusignan ; le comte do Rochcmart ; Dionis du Séjour; le duc d'Orléans; Duport ; le président de Saint-Fargeau premier président de Nicola'i, el celui-ci étant démissionnaire, le comte de Mirepoix.
A M. LE PRBSIDBNT DB SAINT-LUC ii