De la même au même
{Ibid.)
A Paris, le 18 novembre 1790.
é.. Les avis sont partagés, mon ami, sur le nouveau ministre de la Guerre. C'est M. de la Fayette qui Ta nommé. Le Comité
1. Il osl fait allusion ici à la molion faite, le 27 avril, par Charles-Françoia Boache. député d'Ail, et qui était ainsi conçue : • L'Assemblée nationale décrète que désormais loyt membre entrant dans l'exercice des fonctions qui lui auront été conGées par elle renonrcl- Icra le serment prôlé le 4 février [1790] et jurera qu'il n'a jamais pris et ne prendra jaina is part à aucuns actes, déclarations et protestations contre les décrets de l'Assemblée nationale acceptés ou sanctionnés par le Roi, ou tendant à affaiblir le respect et la confiance (|ui leur sont dus ». Fr.-H., comte de Virieu, qui venait d'être élu président, n'ayant consenti k prêter ce serment que sous quelques réserves, il fut obligé de donner le même jour sa démission (ArcA. par/., t. Xv, p. 296, 305.)
2. Le Modérateur, rédigé par MM. de Fontanes et de Rins dura du i«' février âu 17 avril 1790 et se réunit alors au Spectatew national.
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militaire vouloit M. de Castéja ^ Il s'en faut que H. du Portail * ait tous les suffrages. Mais je suis fort aise qu'on n'ait pas nommé M. de Castéja. Ah ! mon ami, dans quel moment je suis arrivée ici ! Les journaux vous auront appris le duel de MM. de Lameth* et de Castries, le sac de l'hôtel de celui-ci*. Vous aurez vu avec effroi qu'il avoit été commandé aux Jacobins et approuvé à l'Assemblée nationale par l'infâme Mirabeau. Ces messieurs disent : il faut un supplément à la Révolution ; et puis il falloit un exemple pour dégoûter le côté droit de vouloir les forcer à se battre. 11 faut convenir que malheureusement ce côté droit se conduit bien mal, et est d'une grande gaucherie. 11 ne se défend plus qu*en disant aux autres des injures. Les gens sensés ici, les bons royalistes disent : il vaudroit mieux se taire ou s*en aller, les laisser linir pour en être plus tôt débarrassés.
On a pensé traiter l'hôtel de Montmorency comme celui de Castries, à cause du fossé qui donne sur le boulevard et qui prend un peu sur le trottoir. Ce terrain avoit été bien acheté à la ville, cependant... On travaille à combler ce fossé. On me raconte à l'instant qu'hier, à une représentation de Bincius *, demandée depuis longtemps, on a élevé M. de Mirabeau sur le théâtre et on l'a proclamé protecteur du peuple. M. de Menou* a partagé son triomphe ^. 11 avoit été défendu d'y porter aucune arme ; les badines même ont été déposées à la porte. Mais on disoit qu'il y avoit des pistolets dans les poches. Que ne diton pas ? Je vous assure que j'aimerois bien mieux être à la campagne avec vous qu'ici.
Adieu, mon aimable ami, je vous embrasse...
1 . SUnislas-Catherine de Biaudos, comte de Castéja, né en 1738, mort en émigration, ■véehal de camp, député suppléant de la noblesse pour le bailliage de Péronno.
1 Loois Le Bègue du Portail (1743-1800), maréchal de camp, ministre de la Guerre, d'ocl«bR 1790 k décembre 1791.
3. Charl«s-Malo-Prançois, comte de Lamelh (1757-1832), colonel du régiment des cutnwers du Roi, député de la noblesse d'Artois, maréchal de camp en 1792.
4. Le duel eut lieu au bols de Boulogne, le 11 novembre. Lameth fut assez sérieusement blessé. Le soir, le peuple pillait l'hôtel de Castries situé au coin de la rue de Vareune et de la ne de Belleehasse (Lacroix, op. cit., 2* série, t. I, p. 285-287).
5- Bnthu, tragédie de Voltaire. Il j en eut une autre en trois actes et en rcrs de C.-A. I>wineaii de Roarroy.
<. Jean-François Menou, baron de Menou (1756-1810), maréchal do camp, député de la MUesse de Touraine.
7. La représeniatioa de Bmtus eut lieu au Théâtre de la Nation. M. de Mirabeau était «n qvalrièmes loges. On l'obligea à Tenir se mettre au premier rang du parterre avec ■«■M et d'Aigoilum aai applaudissements de l'assistance (S. Lacroix, op. cit., 2* série, 1- 1, p. 302 et suiv.)
M"* DB VATRS