Marcy, arr. et canton de Saint^Quantin, Aisne
216 M"* DE VATRE
triste ! 11 y a dix ou douze jours que M. de Vatre a eu une espèce d'attaque de paralysie... 11 a le côté gauche presque privé de mouvement, la bouche tournée et la parole très embarrassée... Vous jugez tout ce que j'ai souffert...
C'est, comme vous le dites, un besoin devenu absolument nécessaire que de recevoir souvent et très souvent des assurances que les liens qui nous sont chers ne sont pas encore rompus, que nous tenons toujours à quelques individus dont les sentimens nous consolent de ce que nous souffrons ! Les papiers publics vous instruisent de ce qui se passe, et on en sait toujours trop ! Nous n'avions pas assez d'infâmes parmi nous : Linguet se fait encore distinguer au milieu d'eux, et depuis qu'il est ici, il a fait jouer toutes sortes de ressorts pour empêcher la suite des dépositions faites au Châtelet. On a cependant eu peur aux Jacobins que 400 membres de l'Assemblée nationale ne se retirassent, si on persistoit à exiger le serment imaginé pour éloigner M. de Virieu*. On l'a renvoyé au Comité de constitution. C'est dire qu'il n'en sera plus question. Voilà quelques députés vertueux qui s'en vont. Ils n'y peuvent plus tenir. C'est le moyen de se justifier dans le public et de prouver leur improbation.
J'ai deux nouveaux volumes des Actes des Apôtres pour vous, mon ami... J'ai voulu faire abonner M"® la comtesse du Roux pour trois mois au Modérateur. On m'a renvoyé les 12 livres quej'avois envoyées, en me faisant dire qu'il n'avoit plus lieu. Depuis, j'ai appris qu'il étoit réuni au Spectateur national^..
Adieu...