‹ Lettres d'aristocratesChapitre 187 sur 541 · De la mâme au même · texte numérisé non relu

De la mâme au même

{Ibid.)

Paris, le 15 avril 1791.

... M. SaylTcrt^, mon aimable ami, nous envoie cette année

i. Ce gcnlilhomme était un certain De Court de Tonnelle, chevalier de Saint-Lows, lien- Icnant de roi à Salins. Ou n'a à peu prè^ aucun renseignement sur lui, ni sur celle aifaire. Il dut dans tous les cas être relâché faute de preuves.

2. Augustin-Joseph, comte do Mailly, marquis d'Haucourl (1708-1794), maréchal de France eu 1783.

3. Louis-Marie-Célesle d'Aumont. duc de Tiennes, fils du duc de Villequier (176S-1831}.

4. IIr»damb» étaient paiLies de Bellovuc le 19 février 1791. Le 22, ellas arrivèrent à Amay-le-l)uc. I.a population ameutée prétendit les empêcher de continuer leur voyage et la municipalité n'osa prendre sur elle de les y autoriser. Simultanément les fugitives et te corps municipal on écrivironl k l'Assemblée (ArcA. pari., t. XXIII, p. 492-493). Apr^s délibération, celle-ci renvoya laffairc au pouvoir exécutif {ibid., p. 500). Le ministère de l' Ultérieur demanda alor^ au directoire du département de la Côlc-d'Or d'insister auprès de la municipalité d'Arnay-le-Duc pour la déci<ler à laisser UisnAves libres de poursuivre leur route. La municipalité se rendit à celte mise en demeure déguisée.

5. Mirabeau devint administrateur du déparlement de Paris le 18 janvier 1791 (Et. Charavay. Assemblée électorale de Paris, 1890. in-8», t. 1, p, 387).

6. Il est fait allusion ici à la séance du ?8 février, où fut discutée la qnesUon de Téaiigration, et oii Mirabeau foudrova la gauche de l'Assemblée de sa fameuse apostrophe : « Silence aux 30 voix ! « [ÀrcU pari., t. XXllI, p. 568).

7. Le docteur Saiffcrt, premier médecin du duc d'Orléanft, mal^é les tendance» jacobines

À M. DK GIVRY 225

aux eaux d'Aix en Savoie. Ce sera un voyage bien plus agréable que celui de l'année dernière, et pour surcroft de salisfaction pour moi, nous irons d'abord passer quelques jours à Lyon, et M. et M"* de Courvoisîe* nous accompagneront ensuite à Aix. Vous voyez que votre amie ne sera pas à plaindre. Nous trouverons à ces eaux un grand nombre de François. Il faudra être un peu difficile en choix et en liaisons.

J'étois bien sûre, mon ami, que vous plaindriez le pauvre chevalier de la Noue. Qu'il est malheureux qu'on ne lait pas envoyé à Maubeuge! 11 auroit eu ces bons Suisses qui lui auroient obéi. Il ne regrettoit d'abord que votre société ! Il ne se doutoit pas des horreurs qui l'attendoient. Sa santé en a beaucoup souffert *. Il me mande qu'il est mieux... H espère que les régimens qu'il a actuellement se conduiront mieux. 11 croit pouvoir compter sur Royal-Comtois, et il s'est fait aimer et estimer dans celui de Toul qu'il a inspecté Tautomne dernier. Je vous félicite bien d'être tranquille à Maubeuge et den'avoir éprouvé aucun désagrément personnel. On souffre bien assez de ce qui se passe !

Ce que vous me dites de Mirabeau est bien juste. On en cspéroit quelque chose. Mais, quand on y réfléchit, comment pouvoir compter sur un scélérat ? Les Jacobins triomphent de sa mort', et en disent actuellement des horreurs dans leur tribune. Ils ne le craignent plus ; mais ils ont plus peur que jamais de la contre-révolution. Quoique je n'y croie pas, un membre de cette infernale Assemblée m'en a fait hier un tableau si effrayant, si abominable qu'il m'a donné mal aux nerfs. Ils prétendent que les Princes ne tarderont pas à entrer en France à la tête de 60.000 hommes, mais que, dès qu'ils y auront mis les pieds, le massacre commencera à Paris, et peut-être par les Tuileries !

Îv'vn pea plus loin lui altriboe M** de Vatro. fil d'abord partie du club assez modéré, dit lubde Valois (Challamel, Les Clubs contre-révolutionnaires, p. 60). Mais il figure casuile sur la liste du Club des Jacobins que donne M. Aulard au lomo I, p. 72 de son ouvra|re sur le Club des Jacobins, sous le nom de Saisserl, il est vrai, ce qui est évideiumeut une erreur d'impression.

1. Suzanne-Julie Cottin de Fontaine, sœur de M">* de Valre, avait i^pousé un M. dcCour- ^sie, sur lequel je n'ai pu découvrir aucun renseignement. (Mellcvillo, Dictionnaire de CAitne, t. I, p. 40i.)

î. t Un bateau de blé étoit prêt à partir de Douay. Tout à coup le peuple s'est attroupé ^ a pillé le bateau... Les membres du directoire ilu département ont mis tout en «euvro pour apaiser les séditieux; ils n'ont pu y parvenir... Ils ont imploré le secours de M. de la Noue, maréchal de camp, commandant pour le Koi dans le déparlement, et M. de la Noim n'a trouvé aucune docilité parmi ses soldats. Us ont refusé de lui obéir et ils ont dit... qu'ils ne Touloient point tirer contre leurs concitoyens. Deux particuliers, oui ont montré plus de x^e et se sont donné plus de mouvement pour Taire cesser le désorore, ont été pendus au milieu de la place publique » {Ami du Roi, du 20 mars 1791).

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