‹ Lettres d'aristocratesChapitre 197 sur 541 · De la même au même · texte numérisé non relu

De la même au même

{Ibid., D* 48.)

Paris, 25 décembre 1790.

Je n'ai presque pu, mon cher Désilles, vous écrire qu'à la hâte depuis votre départ, soit que j'attendisse des nouvelles à votre sujet, qui n'arrivoient pas, soit par des affaires qui me sont successivement survenues. L'idée de la contre-révolution m'a tourmentée, et je vous avoue que j'ai été prêle à partir pour le pays étranger, non que je craigne les troupes (nos gaîrdes nationales seroient dans le cas de veiller), mais je craignois les brigans qui cherchent toujours à pêcher en eau trouble. Beaucoup de monde étoit déjà parti, etj'étois d'une humeur effroyable... Enfm, nous voilà tranquilles pour le moment pour

1. a. Ut n«« ite et iî7 de VObêervaUur, et S. Ucrois, op, cit., t. V. p. 547-54ë.

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la conlre-révoluiion ; respirons, puisqu'on nous en donne le temps. Cependant, on a été hier demander la sanction au Roy pour le Clergé. On vient de me dire qu'il l'avoit donnée. Cela va faire du bruit. La plus grande partie ne feront pas le serment, et je ne serois pas étonnée que nous en vinssions à manquer de messe. Dieu veuille avoir pitié de nous!

Le comte de Mirabeau a demandé un congé d'un mois; cela donne beaucoup à penser. On croit qu'il est allé en Provence...

J'ai été hier cbez Barbier S où j'ai tu le buste d'André. J en ai été fort contente ; je crois^que vous le serez, il en a tiré H), et .'hier on a présenté au Eoy et à Ja Reiofie son dessin 'd'estampe, qui doit l'être ces jours-ci à l'Assemblée nationale... Je crois qu'on profitera du moment, pour parler des marques d'intérêt que l'Assemblée doit vous témoigner Ae la perte que nous avons faite. Ce seroit le i-moment de faire demander le flom pour un de vos petits-enfans.*.

Adieu, ménagez-vous pour ceux qui vous restent.

Porter de Nermom.

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