‹ Lettres d'aristocratesChapitre 198 sur 541 · De la même au même · texte numérisé non relu

De la même au même

{Ibid., n« 34.)

Paris, 3 janvier 1791.

Je reçois votre lettre dans le moment, mon cher Désilles, et je vous dirai que vous n'ôtcs rien moins que docteur, en raisonnant sur la contre-révolution. Lorsque je vous avois mandé que j avois songé à quitter Paris, il pou voit y en avoir quelque apparence ; mais le projet de Lyon ayant été éventé, il n'y a plus d'apparence, et je n'y compte que tsi elle vientidu ciel-. M. de Mirabeau n'est pas parti; il n'y a pas eu lainoifidn'

I. Jeau-Jacques-Trauçois Le Barbier, peintre d'histoire (1738-18Î6).

i. Ce projet coutre-réTolutionnaire de Lymi se raltadiadt à tool un plan potir enlni"*'" le Roi vers celte ville, dont on voulait faire la capitale du royalisme, comine Paris «t«itct> de la Rcvolulion.(.l/£'moire» pour servir à l'histoire de lu cillede Lyon pendant In RértfU' l/«m. par A.GuUlondelloutléon, iS5i, l. I, p. 66-78.) Uae ioaurr^ctieu intérieBre «t llinraMOU du territoire de valent as&urcr le succès de la conspiration. — • Fendant que ies émigrés ellfc l'ii^moutais entreraient par la Sa>-oie, des couUngents snissee et allemands cnvaltiraifBt lAlsaoe et la Lorraine. Tariaée espagnole franchirait ia fronlière des Tyrénces. et IM^ ensemble, Tiif'monlais. Suij^scs, .\lleniands. Espa^ols, émigrés, royalistes, marcberaieot »«r Paris iKMir rétablir l'autoritc royale et l'anoiou rég^inie. • (Maurice Wabl. Les premiers finnéei de la /lévolntion d Lyon, 1894, in-8*, p. 254-285). Le dessein des conspirateur* f»l découvert et ne reçut aucun cominencement d'exécution. Cf. Archives nationales^ D XXU->

A K. HESILLES '2

msttrrectioii «dans le iNivernois^. Je ne pense point dans moment à quitter Paris...

Vous aurez, je pense, des remboursemens des Cordo bleus, des secrétaires du Roy et de vos actions de la Gom}; gnie. Le premier est annoncé. Mais, ces jours passés, Bourge( alla à Tancienne conapagnie des Indes, et on lui dit que dans courant de l'année on rembourseroit les actions. Incessai ment je saurai vous le dire plus positivement...

M. de -Cazalès doit faire imprimer le discours qu'il avoit dessein de prononcer le jour du rapport de Nancy, où il 1 interrompu ayant prononcé le mot d' « ordre »\ Aussitôt que l'aurai, je vous l'enverrai...

Le Boy a sanctionné le décret contre le Clergé, qui phis ei a phrasé sa sanction, en disant que, s'il avoit retardé, c'ét( pour tTanquiUiser les esprits, mais qu'il disoit, avecla franchi qui est dans son caractère, qu'il veut toujours être d'accord av 1 Assemblée. Hier, on a affiché la sanction, et c'est dimanc prochain, à Tissue de te grande messe, que la inunicipaBté i dans les paroisses recevonr le serment. Je pense bien qu'il en aura qui ne le feront pas, et qu'est-ce que tout cela ' occasionner, Dieu le sait ! Beaucoup de curés de TAssembl Vont fart, mais ce sont ceux du côté gauche. Il n'y a enco que M. réTêc[ue d'Autun qui l'ait fait \ On pense qu'il y au d'autres évoques. On m'a dit tout bas que M. l'archevêque < Paris avoit envoyé son adhésion. J'en doute*. Mais cho affreuse, c'est qu'on assure qu'il a perdu la tête et qu'il e imbécile. Je désire que ces deux choses soient fausses. On nn dit que le Roy avoit fart écrire aux évoques pour les engag àfairc le serment, même au cardinal de Bemis*.

Aujourd'hui, car je vous écris dimanche au soir, M. l'évêqi deClermont a monté à la tribune, a voulu parler du serme et des exceptions que le Clergé étoit obligé de faire. 11 a é liuédes tribunes et du côté gauche*. Gémissons et attendoi

1. U nièce de M"* de Nermonl, M** Trublet de Nermonl, élail mariée en Nivernais.

1 Cazalès avait dit que le jeune Désillcs était la gloire de l'onirc de la nobles *B<|a«l il ^fiarionaîL (Sôance du 7 décembre 1790. Arch. pari., t. XXI, p. 313 et suiv.

3. Talleyrand prêta serment dans la séance du 28 décembre 1790 (Arch. parl.,l. XXI, p. 6S

4. L'archerèque ée 'Paris, dans «on mandement du 81 décembre daté de Cfaambéry, «KBirait-au contraire .neitomenl bosLile ù la couâlitulioii civile du clergé (Delarc, Mùkio ^t TEglUe de Paris pendant la Révolution, t. l, p. J^sO el suiv.)

'' Bemis, alors ambassadeur à Kome, considérant le serment civique comme incom| tililc avec son caractère -àpiioopBL, «efusa de le ipcèker 6t résida bom .arobaaaade (Sonel, <i '". L 11. p. IDG).

<• M. de Bonal ne put pronoucer son discours dont le texte est donné dans les An ha\., séance du 2 janvier, t. XXI, p. 763-7()5.

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de Dieu nos secours. Je n'en vois point d*humains à opposer à la malice des hommes.

Adieu..., mille choses honnêtes et amicales à tous les vôtres.

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