‹ Lettres d'aristocratesChapitre 2 sur 541 · INTRODUCTION HI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION HI

Intituler ce livre Hisioire de la Révolution d*aprè$ des correspondances privées du temps, était sans doute une perspective trop séduisante pour que je ne m'y sois pas arrêté. Mais je me suis convaincu bientôt que la visée, à laquelle eût répondu ce titre, était trop ambitieuse. Outre que je me suis attaché surtout à rhistoire de la Révolution à Paris, pour un grand nombre de points que le hasard des recherches m'a permis de copieusement documenter, combien d'autres hélas 1 sur lesquels je n'ai rien trouvé, ou presque rien ! Je ne me fais donc pas d'illusions, il y a, comme Ton dit en langage de métier, beaucoup de « trous » dans ce travail, trous que de plus heureuses découvertes, je ne crois pas de plus patientes recherches, auraient pu seules combler.

Que mes lecteurs, amateurs d'un bel ensemble, se rassurent pourtant f La plupart des faits essentiels de la Révolution sont rappelés ici et avec assez de précision et d'exactitude pour que les profanes, même, y puissent suivre presque mois par mois l'histoire des cinq années dramatiques et sanglantes qui forment le cadre de ce recueil. Et si sur ces grands faits les documents, presque tous inédits, que je publie, n'apportent point de révélations sensationnelles, du moins fournissent-ils assez de détails imprévus, de renseignements variés et d'anecdotes caractéristiques, pour qu'à ce seul point de vue ils méritassent d'être mis en lumière.

Je ne doute pas, par exemple, que les lettres du comte de Quélen et du marquis de Sillery n'offrent bien des particularités intéressantes sur la réunion des Etats généraux et sur les assemblées électorales qui précédèrent cette réunion ; — ou qu'à propos de l'énorme concentration de troupes faite autour de la capitale à la veille du 14 juillet, on ne lise avec curiosité la correspondance du chevalier de Saint-Luc venu en étapes de Sarreguemines à la Fère-Champenoise avec son régiment ; — ou encore qu'on ne découvre dans celle de MM. de Vergennes et de Seneffe nombre de détails émouvants sur la journée du 14 juillet et sur celle du 22, où furent massacrés Foullon et Bertier.

Puis successivement les lettres des Gardes du corps au comte d'Agoult retraceront minutieusement et presque heure par heure aux lecteurs chaque épisode de la soirée, de la nuit et

LETTRES Jf ce AiHIST9CRATES »

des 5-6 octobre ; celles de M. Delamare de Crux 5ivry leur fourniront une description très exacte du 14 juillet 1790, de cette fêle de la fraternité ament môme où d'autres lettres, rapportant les ; en province, les édifieront sur la manière lait alors la fraternité en dehors de l'enceinte du ■s.

es faits importants de 1791 : rémeute du LuxemlioNsiEUR, la journée des Chevaliers du poignard^ iSDAMEs, la mort de Mirabeau, la fuite de Varennes, lamp-de-Mars, on trouvera de même un irécit lettres qui nous dévoileront clairemeni ensuite rémigration.

Paris, ce sera pour y assister au triomphe des Durnées du 20 juin, du 10 août et de septembre. rses narrations de ces journées tragiques sera sein des Jacobins d'emmener le Roi dans les nidi ou celui des contre-révolutionnaires de Tenouen ; à leur propos, à relever aussi la confirite du fait, entrevu déjà par quelques histodésordres de la fin de 179i furent préparés de 2t qu'ils n'ont été que la réalisation d'un plan achiné et sournoisement mûri. Au mois de n craint déjà une affaire », d'après une lettre de Jien mieux, en juillet 1791, M. Dutailly nous in- ; Jacobins disent qu'ils veulent prendre d'assaut Bien mieux encore, en avril 1791 , nous apprenons re « qu'on redoute un massacre des prêtres I » ifin la guerre extérieure, le procès et la con- Hoi, les guillotinades, jusqu'au jour où l'aristoau dedans comme au dehors, les vainqueurs à se dévorer, et où les lettres de M. de la Balraconteront le grand duel de la Gironde et de

é jusqu'ici que de l'histoire proprement dite que de renseignements l'on pourrait puiser sur ière de la Révolution dans les lettres de M. de n. Lefebvre d'Acy ; sur l'histoire économiqui*, M. Fougcpet ; sur Thistoire religieuse, dans le Normont ; sur l'histoire militaire, dans celles clie, Désilles, et de Pontet ; dans toutes enfin )ciale et spécialement sur l'histoire de Tesprit \M moins de 1789 à 1794. A ce dernier point de

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vue on aura» je. crois, un intérêt particulier à parcourir la suite de ces lettres. On verra s'y peindre à merveille Tenthousiasme des premiers jours, puis se dessiner le mouvement de fatigue et de dégoût, apparaître les désillusions qui chez beaucoup feront suite à cet énervement; s'accentuer en 1791 la réaction contre l'esprit républicain, cet esprit républicain dont un savant historien a fixé, très nettement la date de naissance à la fin de Tannée 1790 et qui trouve dans la fuite à Varennes l'occasion de s'affirmer*, tandis que les royalistes égarés y découvrent leur chemin de Damas. On y verra surtout dans ces lettres l'illustration de cette vérité, clairement entrevue par Taine, que le régime jacobin n'a été le fait que d'une infime minorité. « En moyenne sur quinze électeurs et gardes nationaux, écrit Taine, ri ne se rencontre qu'un Jacobin, et dans toute la France tous les Jacobins réunis ne font pas trois cent mille... A Paris, en novembre 1791, sur plus de 81.006 électeurs, ils sont 6.700; en octobre 1792; sur

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