‹ Lettres d'aristocratesChapitre 3 sur 541 · inscrits, ils sont moins de 14.006 Ce n^est guère · texte numérisé non relu

inscrits, ils sont moins de 14.006 Ce n^est guère

pour asservir 6 à 7 millions d'hommes faits et pour étendre sur un pays qui comprend 26 milKons d'habitants un despotisme plus absolu que celui des souverains asiatiques. Mais la force ne se mesure pas au nombre : ils sont une bande dians la foule, et, dans une foule désorganisée, inerte, une bande décidée à tout perce en avant comme un coin de fer dans un amas de plâtras disjoints*. » De nos correspondances cela ressort à chaque page. Au commencement de 1791, M. de Mesmon constate que « les mécontens se multiplient, et sont la plus grande foule ». Au mois d'avril 1792, « les ouvriers, écrit M. Fougère t, disent qu'on les a trompés et qu'ils voudroient qu'on expulsât de Paris les meneurs ». Quelques jours plus tard, M. Lefebvre d'Acy remarque de même que a la majorité des ouvriers et des bourgeois est fatiguée de la Révolution ». « Car ce n'est pas le peuple qui remue, c'est la plus vile canaiDe. » Dans l'Assemblée, « ils sont aussi dix à douze scélérats qui mènent tout ». A la veille du 10 août : « Je parcours et j'observe froidement les groupes qui se réunissent, dît encore M. Lefebvre d'Acy, et Je puis vous assurer qu'à Tcxception de quelques énergumènes qui prêchent le meurtre et le régicide, je ne vois pas qu'en général on soit disposé à l'insurrection. »

1. AoUrd, Bittoire politiqwe de la Récolution française, iji-8*, ehafilre it, poiÊWU î. Taiae. L^ origitu» ée la Fnuue cotUemporatHe^ la BévUutiam^ l- U. p. 6î-«3.

pourrais là-dessus multiplier les citations, mais je préfère [)yer mes lecteurs aux textes, me bornant de même à leur lier quelques-unes des nombreuses anecdotes, qui achède faire l'intérêt des documents qu'ils vont parcourir : isante mésaventure arrivée au duc de Chartres le jour de e de la Fédération ; la brouille du duc et de la duchesse éans en 1791 ; le retour du maréchal de Mailly des Tuilee 10 août, etc., etc.

iaissons-là ce que les lettres nous apportent de renseilents nouveaux, de circonstances inconnues. Ce qu elles donnent surtout, c'est la couleur, l'accent même de la >. Qu'importe en réalité le plus ou moins de détails secs ids que l'on peut réunir sur un fait ? N'est-ce pas Timpresque ce fait a produite sur les âmes contemporaines qui igné avant tout de la recherche passionnée de Thisto-

« L'intérêt des choses humaines, a dit magnifiquement rtine, n'est pas dans la grandeur des situations ou des iments, mais dans l'émotion de l'àme où ces situations > événements retentissent ^ »

Xc citation de Lamartine est précisément tirée de la Vie "• de Sévignéy et elle me revient bien à propos en ce snt. Je ne crains pas en effet de laftirmer, j'ai manié ^oup de documents, je n'en ai certes jamais trouvé de évocateurs que les lettres. Tout à l'heure je faisais res-

leur supériorité sur les Mémoires, sous le seul rapport exactitude historique. Combien plus justement pourraitalter l'avantage des unes sur les autres au point de vue ous occupe. « Dans ceux-ci nous écoutons assurément le d'un témoin oculaire, d'un acteur des événements ; mais j-là nous font voir l'homme même vivant sa vie, le fait se ^eant péniblement ou brusquement de ses causes, et jettent au milieu des obscurités, des illusions, des inaîments dont est plein le tourbillon confus des choses

I^DSon, Choix de Lettre» du xvii* «tVc/e, Paris, 1891, ia-16. lutroducUon, p. xxviiimarline. J/** de Sivigné^ dans la Viedei tjmndt homme* ^ Paris. 18^0, iQ-S*, l. III, Lansoo, op, eit.^ Introduction, p. xwii.

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