‹ Lettres d'aristocratesChapitre 209 sur 541 · He la niénie au mvme · texte numérisé non relu

He la niénie au mvme

{fbid., n»51.)

Paris, 20 avril 1791.

... Je voudrois comme vous la paâx, irooffl cher Désilles, mais que nous en sommes loin I Vous parlez de contre-révolution, Yows Yaàkemdei:, et «elle n'arrive pas . Cependant, tout être pendant la doit désirer. 3^oas soacuDoes dans ce moffAent ki dans une •Grise qu aucun esparit liurmain n'eût pu prévoir. ImagûnezmnB que toirtes nos ^gJéses seBtferiiiées, excepté les paroiôsee où il y a des intrus, q«e iddraanoiie idernier la iSM^^itîé des fidèles attachés AUX anciens priacipes ont été saoas messe. Beauooiiip de couvens de religieuses n'en ont point eue. Vous n'avcK pas d'idée de la barbarie avec laquelle on les a traitées. Le scellé est sur leur église, sur leur sacristie. Les couvens d'hommes, tout de même, ce qui me gênera beaucoup pour mes Carmes qui m'étoient si commodes. Il faut céder à la force. J'eus cependant la messe dimanche, mais ce fut par subtil moyen. J entrai incognito dans un couvent. Et tous mes gens s'en passèrent.

Lundi le lloy voulait *aller à Saint-Gloud, dât-on, pour faire sesPàqfBes. Le peuple s'y est opposé et exige qu'il -aille à sa paroisse, où il y a un intrus, ponr les faire^ Eniin, mon cher, nous sommes pis ioi qu'en A^nçlleterre. On a permis par la «libération du département aux <^atholiques romaiias d'acbe- ♦cr des églises fermées, pour y faire célébrer les mystères par «tes prêtres réfractaires à la loi, e>t d'en mettre Tinscriptiofi sur fa porte d'entrée. M. de Pancemont, véritable ^uré de Saint- Sttlpioe, avoit louée ccUe des Théatins, avec promesse d'en faire l'ac^oisitioîi. La municipalité s'y étoit prêtée, et dans la nuit de samedi à dimanche, le peuple et les brigans se sont attroupés, ont arraché les pierres sacrées des autels, ont tout dévasté, ont rais un éoriteau à la porte avec des verges, anaonçantquils fouetteroient ceux qui voudroient entrer. Cela a fait ^ine émeute. M. Bailly -est venu pour y mettre l'ordre; iis n'en ont tenu compte, et le cher homme avoit peur jusqu'à ce qu'il soit venu des troupes qui ont dissipé rattrou,pement. Mais cela

1. Voir plus haut p. 18i. — Jeao Corpet, vicaire de Saint-Germain-rAuxerroià, fui nommé <^uré de celle paroisse le 30 janvier 1791.

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a recommencé le soir*. Enfin, nous en sommes à prendre le parti d'avoir la messe chez nous, et je compte la faire dire dans la petite chambre attenant celle où vous couchiez. Vous sentez que nous ne sommes pas embarrassés de trouver des prêtres pour nous dire la messe. Mais cela durera ce que cela pourra, car on assure qu'on bannira du royaume tous les prêtres qui n'ont pas fait le serment.

Adieu, je vous embrasse...

20 avril. — Je rouvre ma lettre pour vous dire que le Roy fut hier à l'Assemblée, qu'il a sanctionné la loi civile du Clergé, assuré de sa protection la loi civile du Clergé, et demandé la permission d'aller à Saint-Cloud*. Je ne sais si on la lui donnera. Nous sommes au plus mal : plus de subordination. On assure la démission de M. de La Fayette et de M. Bailly. Dieu veuille avoir pitié de nous !

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