Voir plus haut. p
2. Le Roi vint à rAsseniblée le 19 avril. Voir son discours dans les Archive* parlementairei, t. XXV, p. 200 el suivantes.
3. L'abbé Maury prononça son discours dans la séance du 13 mai 1791 {Arch. parL^ t. XXVI. p. 51-58.)
A 11. DÉSILLBS 245
naires, je vous dirai qu'il m'en est arrivée une d'un genre bien étrange, et qui m'a fait payer les honneurs que j'ai partagés pour votre pauvre fils. Sachez donc qu'on a fait un service à Saiot-Eustache pour le monstre Mirabeau, mort comme un athée qu'il étoit. Palloy, qui étoit à la tête, m'a fait envoyer une lettre de la Commune pour m'y inviter et des billets au nom des apôtres de la liberté pour donner à mes amis^ Vous sentez que je n'ai pas bougé. Mais samedi, à 10 heures, M. Palloy arrive chez moi, me demandant pour toutes grâces de vouloir bien aller à la nouvelle Sainte-Geneviève à un service pour ce monstre*. Je recule. Je vois que j'ai affaire à un fou. Sa fille l'accompagnoit. On me presse. Tentée de l'envoyer promener jusqu'au troisième enfer, je réfléchis qu'il faut y aller, ou partir pour le pays étranger, laisser ma maison au pillage. C'étoit tous nos effets à perdre, car ce beau service étoit célébré par tous les tailleurs de pierre, maçons et ouvriers. Plus morte que vive, je prends mon parti et j'ai été dans une église non consacrée, où il s'est trouvé des ministres qui ont célébré les saints mystères. En vérité, cela fait frémir d'horreur. J'ai dit à la fille de Palloy que c'étoit par reconnaissance pour son père que j'avois fait cette démarche, étant absolument non-conformiste. Ce n'étoit pas une assemblée, c'étoit une cohue. Palloy m'a dit qu'ils espéroient bien avoir Désilles avec les grands hommes qui seront mis dans le temple. Je lui ai conseillé de ne pas faire de démarches pour cela, parce que les habitans de Nancy, ni la famille n'y consentiroient. Mille choses...