‹ Lettres d'aristocratesChapitre 232 sur 541 · Du même à la même · texte numérisé non relu

Du même à la même

{Ibid.)

Paris, 3 mars 1791.

Les nouvelles, mon cœur, commencent à devenir un peu plus intéressantes. Les choses se brouillent de manière à amener une conclusion. Mesdames sont toujours arrêtées en Bourgogne, à Arney-le-Duc. La municipalité ne veut reconnoître ni le décret de l'Assemblée, ni les ordres du Roy. Elle a envoyé ici une députation, et demandé des secours à son voisinage*. Je crois qu'il faudra y envoyer des troupes, et alors ce sera une guerre dont ces pauvres princesses pourroienl être les victimes. Voilà une étrange liberté ! On commence à dire que les Allemands se préparent à entrer en France au nombre de deux cent mille hommes partagés en trois armées, dont le prince de Gondé commandera Tune, le prince Ferdinand de Brunswick ^ la seconde, et un autre Allemand la troisième. Ce ne sont encore que des bruits. Je vais les examiner avec soin, et, si cela est vrai, toute affaire cessante, je reviendrai auprès de toi, car je serois bien fâché que tu eusses la moindre inquiétude sur toi-même et sur ma petite fille. Ainsi, ne t'alarmes point et, tant que tu ne me vois pas venir, ne crois pas qu'il y ait aucun danger...

On dit pourtant que Mesdames vont continuer leur route. Des députés d'Amay-le-Duc sont venus à Paris savoir les intentions de l'Assemblée, et ont envoyé un courrier reporter le décret. Ainsi, voilà une affaire terminée.

Nous avons soupe hier par curiosité chez M"*« de Thélonne , avec ses députés du côté gauche . Je ne crois pas que nous y retournions. Ces gens sont d'une tournure si populaire, si impolie que cela fait pitié. Ma mère en a été fort ennuyée.

Tranquillise-toi, je te prie, ma chère petite amie. Sois sûre que je veille ici pour apprendre ce qu'il nous intéresse de savoir et que je t'irai bientôt rejoindre. Si mes affaires ne se font pas assez vite, je les quitterai ; s'il y a la moindre inquiétude, je partirai tout de suite. Je ne songe qu'à toi, ma chère

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