Voir plus baut. p
290 M. DUTAILLT
et au père Lenlanl, jésuite S d'avoir confessé Sa Majesté. El enfin un grand reproche que Ton fiait au Roy est de s'être confessé et d'avoir reçu la communion de prêtres non-jureurs. Cependant il en avoit obtenu la permission de M. l'évêque de Paris. Le peuple dit des horreurs et du Roy et du cardinal et de tous les prêtres qui n'ont pas prêté le serment. L'on a insulté M. de la Fayette, qui, hier, le décret à la main qui permettoit au Roy d'aller jusqu'à 20 lieues de Paris, cherchoit à apaiser le peuple et faire partir le Roy. Sa Majesté a été dénoncée à la Nation par le souverain club des Gordeliers *. La dénonciation a été affichée six heures de temps ; il a été dénoncé comme rebelle à la loi, pour avoir recouru et s'être adressé à des prêtres non-jureurs. Les Tuileries ont été fermées tout le jour, hier ; on vouloit forcer les portes, pour aller chasser les aumôniers et confesseurs du Roy et de la Reine, qui y logent. Peutêtre aujourd'hui va-t-on faire un carnage de tous les pauvres prêtres. Il est du moins décidé que l'on en souffrira point ici. J'envoie à M. de Choiseul un détail de cette homble scène. Vous n'avez pas d'idée combien le peuple ici a l'esprit échauffé sur la Révolution. L'on ne voit partout que des enragés prêts à faire d'horribles carnages, criant partout que la souveraineté réside dans le peuple, qu'il ne doit point reconnottre de maître. Aussi n'écoule-t-il plus ni M. de la Fayette, ni M. Bailly. Il demande qu'on casse ces deux personnages. Les assignats de 2 à 300 livres perdent le 6 et demi.
Je suis...