‹ Lettres d'aristocratesChapitre 253 sur 541 · Voir plus haut, p. 131, n. I · texte numérisé non relu

Voir plus haut, p. 131, n. I

1 i««ii-Jaequet Ppupari, curé «stermenlé de Saint- EusUche.

.3. Voir pliM liMi, p. 181.

M. DUTAILLY

générale ; toute la Garde nationale est restée aujourd'hui sous les armes.

Le Roy a laissé une lettre en forme de proclamation, où il fait à l'Assemblée des reproches amers de sa conduite vis-àvis de lui. Il lui reproche d'avoir dégradé le trône, anéanti Tautorité royale, perdu les finances, etcl. ; il repasse en revue tout ce qui a été fait, fait défense à son garde des sceaux de se servir pendant son absence des sceaux de l'État, à ses autres ministres de rien signer que par ses ordres, etc.. Vous le verrez imprimé dans peu *.

L'Assemblée a rendu aujourd'hui plusieurs décrets relatifs à la paix et à la tranquillité publique. Elle a donné ordre aux ministres de continuer le service, de tenir tous les jours conseil dans une salle à côté de celle de l'Assemblée, et de signer tous les décrets par forme de sanction ^

Elle tient séance jour et nuit. M. le duc d'Aumont^, commandant du bataillon de la garde du Roy, a failli à périr. Le peuple l'a arrêté passant sur la place de Grève en cabriolet, Ta fait descendre, le traînoit sur le pavé, lorsque la Garde a couru et lui a sauvé la vie. Son cabriolet a été mis en pièces sur la place. C'est lui qui devoit coucher à côté du Roy et ne Ta pas fail- Voilà pourquoi le peuple vouloit le corriger comme M. de Launey. 11 passe cependant pour un très zélé patriote ; aussi est-i! dans la Garde nationale *.

1. Voir la déclaration du Roi» datée du 20 juin, dans les Archives parlemeniairu^ t. XXVII, p. 378-38Î.

î. Voir les dilTérenls décrets rendus par TAsseniblée le 11 juin, dans Archive* parlementaires, l. XXV 11, p. 363 elsuiv.

3. Louis-Maric-Guy, duc d'Auniont et de Mazarin (1732-1799), maréchal de camp eu 1763, chef de division de la Garde nationale en 1789.

4. La lettre suivante, adressée par M.-).-E. do Saint-Priest frère de l'ancien ministre à sa mère alors a Montpellier, donne quelques détails intéressants sur la physionomie de Paris après la fuite du Roi.

« Paris, 22 juin 1791 .

« Je vous ai écrit hier, ma chère maman, et quoique ma lelire fût de bonne heure i la poste, je ne sais si elle sera partie, car on disoil qu'on avoit arrêté le départ des coorriers. S'il en est de même aujourd hui, malgré mon eiactitude. vous "^rez en peûje de moi. Je me porto cependant à merveille et j'use des plus grandes précautions dans les cireonsUMee» où nous nous trouvons. Paris a été toute lu journée d'hier plus tranquille qu'on u'anpoit jamais pu l'imat^iner. M. le duc d'Aumont, seul, a été maltraité, et encore ce fui dans le premier moment qu'on apprit le dé{iart du Roy. U n'en est même pas malade. Le peuple a fait cfTaccr de toutes les enseignes et boutiques tout ce (|ui pouvoit avoir trait au Roy. armes et noms. Aux bureaui des loteries, où il y avoit Loterie royale de France, lenol do royale est supprimé. A l'heure où je vous écris, il est onze heures du malin. L'Assembtée nationale, ni qui (|ue ce soit dans Paris ne dit ou ne sait pas encore par où le Roy e4 U famille royale sont sortis des Tuileries, dans quelles voitures ils sont partis et <|[uelle* roule ils ont prise. Je différerai d'envoyer ma lettre à la poste jusqu'à mîdi, pour savoir si j*«ar»i quelque chose à y ajouter. On ne permet à personne de sortir de Paris; j'ignore coabieB cela durera. l.cs nouvelles, qu'aura eues mon frère du départ du Roy, pourroient bien lai faire changer d'avis sur le voyage de Suède, et je le désire tort. Si je pôuroit aller rejoindre le Boy, je le ferois; mais il faut d'abord savoir^ positivement où il est et Are sûr de ne p«s

Deux aides de camp de M. de la Fayette courent après le

Roy

Page 1