Du même au même
(Arch. lut.. W 358. doss. 753. 4« parlie, n» 65.)
Paris, le 26 juin 1791.
... Mon cher beau-frère,... j'envoie mes feuilles à M. Monniotte ' ; il vous les communiquera et vous y verrez tout ce qu'il y a de nouveau sur les tristes événemens que nous éprouvons '. Paris est actuellement assez tranquille. 11 l'a été
tromrer des inconréniens dans la route . Rapporlcz-vous-cn, chère maman, à ma sagesse et â nia prndeDce, et après avoir fait mille tendres complimens à mes sœurs, je vous oITrirai l'hommage démon tendre respect •. (Archives nationales. Comité des recherches. D XXIXb. 37, doss. 385.)
1. La Fayette n'envoya à la poursuite de la famille royale qu'un seul de ses aides de camp. Le second ftersonnace qui partit avec lui était un nommé Bayon, chef du 7* bataillon de la 2* division de la uarde nationale, qui se fit donner cette mission par Bailly . OuantàTaide de camp de La Pavelle, c'était M. Romeuf. Seulement, comme il y avait deux frères Romeuf attachés à Vétal-major do La Fayette, je ne sais duquel il' s'agit. M. Tuetey. dans son Répertoire des source» manuscrites de la Révolution, identifie le Romeuf en question avec Jacques-Alexandre Romeuf (1772-1845); M. EL Charavay, dans La Fayette, avec Jean-Louis Romeuf (1760-1812/.
S. Philippe Honniotle. juge au tribunal du district de Besançon.
3. Le Roi avait été arrêté le 21 juin à Varennes. et la nouvelle en avait été apportée à f*tris le 22 au soir. Voici sur cette arrestation une lellre inédite adressée de Maïuiheim par M. de Divonne au comte Appraxino, à Genève, tille est curieuse en ce qu'elle nous renseigne sur l'impression que fit dans le monde de l'éniigralion révùucmenl de Varennes.
De M. de Divonne à M . le comte Appraxine .
« [Mannhcim. juin 1791.]
« Vous n'ignorei pas sûrement, mon cher comte, la mauvaise nouvelle qui nous accable dans ce moment. Elle est d'autant plus tcirassanlc que la veille une fausse nouvelle nous »voil fait croire le Roy à Luxembourg. Le priure de Coiidi* nous envoya uu courrier, par lequel il nous mandoit que le Ro} avoit été arrête à Vureones, que M. de Bouille oloit à •Ou secours, et quii s'y feroit tuer ou qu'il le délivreroit, el uous donnoit ordre de nous tenir prêts à partir. Le second courrier, que nous ne recùuics (|uc deux jours oprèn celui-là. nous apprit que le Roy, ayant un besoin, (iosceiufil ol demanda au mailrc do poste de l'éclairer pour aller au couimodilé. Le mailrc de poste le reconnut et alors il donna ordre à son postillon de conduire celle voiture par lui chemin (|ui n'éloil pas le bon et d'aller très doucement, de sorle que le Roy ne (il en Irois heures que ce qu'il auroil dà Éairc en troo quarts d heure. Fendant ce lemps-là. lo inattrc de poslo faisoil sonner le locsiu partout pour assembler du monde. M. de Damas, roloiiel du Mousiuur-Dragous, et M. leduc de Choiseul.qui avuiunl fait seller les chevaux du leur petit délacliuincnt. nioutèreol à cheval et livrèrent un combat aux Gardes nationales. M. do liouillu >enoil au «eeours. Il était à 9 lieues de la, el il y avoit seize heures ((u'il éloit u rliuval atlendHiil le Koy. Il fit à la léte du rc>;iinetit Royal-Allemand le«i U lieues en trois el demie. Malheutcuwmeot. l'aide de camp du M. de la Fayette avoit fail couper lu |»oiil et Royai-Alleiii;uul nu vuoiul pas passer a la nage, parce que la rive opposée èloil très mauvaise. Les dragons, tOfaul que Ro>al-Alleinand ne pouvoit pas lus secourir, livrèrent pour se tirer d'affaire M, le duc de Chuiseul. et .M. de Damas. M. de Bouille, lui-ini^me, fui obligé de se faire jour *»ac quinze officiers . Il est à Luxembourg. Je ne vous parlerai pas de toutes les horreurs qu'il a essuyées. Un capitaine d'houzards vint â bout de percer celte nuée de Gardes nalionates.et prapo^A au Roy d« se mettre en croupe sur des houzards et de faire une |)ercée. Le Roy 1 ayant refuse, fe sabre a la main il reperça ces Gardes et so sauva. Vous connais-
294 If. DUTAILLY
aussi hier à Tarrivée du Roy et de sa famille. Tout étoit triste. Un million d'âmes sont allées aux Champs-Elysées pour le voir arriver, et tout étoit dans un morne silence. Voir son Roy arriver au milieu de dix-huit mille baïonnettes, dont une partie frappoient contre sa voiture ! Sur le siège de sa voiture étoienl juchés trois malheureux gardes du corps * qui Tavoient suivi. Ils étoient attachés les trois ensemble, les fers aux pieds. Aussi notre pauvre Reine baissoit la tête presque sur ses genoux, pour ne pas voir ce triste spectacle.
Et ce malheui*eux duc ^ qui s'est trouvé à la tête d'un détacliement de son régiment avec M. de Damas', aussi colonel, et qui sont arrêtés à Verdun î Gela m'inquiète singulièrement. L'ordre du général doit les excuser. Les dragons de Royal, comme de bons patriotes, ont mis bas les armes, lorsqu'ils ont vu qu'il falloit marcher contre ceux qui ont arrêté le Roy...