Du même au même
{Ibid., a- 69.)
Paris, 4 octobre 1789.
L'Assemblée nationale avoit décrété que chaque particulier seroit astreint à payer le quart de son revenu et renvoyoil à M. Necker pour fixer le mode. Celui-ci entra jeudi à l'Assemblée et y déclara 5 que tous ceux dont le revenu ne passoitpas
1. Amand-Joseph de BéUiune, dernier duc de Charost. né en 1738. mort en l^on. Son ib Armand'Louia-Fran^is-Edmc de Béthune, marquis de Charost, fut décapité en 1794.
S. CUndc Pauchet, ricaire générai de Bourges, prédicateur ordinaire du Roi, prélrede hcaamanaaté de Saint-Roch, s'était signalé à la prise de la Bastille et avait prononcé à ^•ât^Jacaies une oraiaon funèbre en l'honneur des victintcs. 11 dirigeait le joarnal La ^•«cAe de fer. Elu évéque du Calrados, il siégea à la Législative et à la Convention et péril •«ce les Girondins.
3. Séance dn 1" octobre 1789 {Arch. pari., t. IX, p. 228 etsuiv.).
400 livres seroieni exempts de cette taxe, et que ceux au-dessus la payeroient par tiers en trois termes égaux : le premier en avril 1790, le deuxième en avril 1791, le troisième en avril 1792, de sorte qu'en deux ans et demi on aura payé une fois le quart de son revenu sur sa simple déclaration, sans inquisition; mais cette déclaration et la soumission seront faites sous le premier janvier prochain.
En outre, M. Necker a demandé 2 1/2 p. 100 de la valeur kiirinsèque de la vaisselle d'argent et des bijoux que chaque particulier possède. Décret en conséquence. On verra incessamment une ordonnance du Roy à ce sujet, qui sera publiée par tout le royaume. Je ne serois pas surpris qu'il y eût avant la fin de Tannée beaucoup d'argenterie enfouie dans les entrailles de la terre. Déjà les assiettes disparoissent sur les tables pour faire place à de la fayence. Les plats suivront de près. Je crois que Ton aura la faculté de payer son imposition en vaisselle qui sera convertie en cens à la Monnoie. De bons patriotes en font présent à la Nation.
Le célérier et quelques moinillons bénédictins du prieuré de Saint-Martin-des-Champs ennuyés de la clôture ont oflFert au nom de leur ordre tout le bien qu'il possède consistant en 1 .800.000 livres de rente, sous la condition que les moines aient i.500 livres de pension. L'Assemblée a accepté le présent. Elle ne refuse rien. Le lendemain, le prieur a écrit à cette Assemblée pour désavouer ses petits gueux de moinillons, qui ne seront pas chassés de Tordre, parce que le peuple menacera de pendre le prieur et tout son chapitre ^ Point de justice pour arrêter ses violences. On est ici en pleine anarchie.
Le mauvais pain même manque, par la subversion totale de l'ancienne administration. Trop de monde veut s'en mêler, et la frayeur de passer pour accapareur fait que personne n'ose acheter du grain des fermiers qui craignent de le voir piller avant qu'il arrive au marché. Telle est notre position présente. Quelle sera-t-elle Thiver prochain ? Etonnez-vous si on déserte Paris pour aller vivre tranquille dans le pays étranger !
Les paroissiens de Saint-Jacques- de-la-Boucherie ont forcé leur curé* et les prêtres de chanter une grand'messe de
1. L'adrewe des moinet à rAssemblée Dationale est du 28 seplembre 1789. Ils se réiraclèrent par une lellre du 2 octobre. Le prieur eommandalaire de Sainl-Marlin était alors Louis-Etienne de Sainl-Parre ; le prieur claustral Dom Etienne Pages. (Lebeuf, Hiêtoire de la ville et du diocèse de Parit, continuée par H. Cocheris, Paris. 1864, 8«, t. II, p. 39S-
2. Le curé de Saint-Jacques-de-la-Boucherie était Nicolas Morol, docteur de la faculté do tbéologie.
Requiemy avec musique et tentures, pour l'enterrement d*un ouvrier, paroissien mort sans un sol. Ils auroient pendu les calotins, c'est ainsi qu'ils appellent les prôtres, s'ils s'étoient refusés à cet acte funèbre. Le curé de Saint-Nicolas * a voulu renvoyer le serpent de son église, qui étoit allé à Saint-Jacques faire le faux-bourdon. Ses paroissiens informés du fait ont obligé le curé à le reprendre. Un peuple devenu roy peut causer bien du mal. • <^
Serviteur à tous.