Sur TafTaire du 17 juillet, voir plus haut, p
A M. FAIVRB 299
de patrouille sont allés à ce Champ de Mars pour faire déguerpir
celte canaille ; elle les a repoussés et vouloît les désarmer ; ils
s'en sont retournés bien vite, en disant qu'ils n'étoient allés là ^
que pour y mettre Tordre et dissiper ces attroupemens. Cette "*^
patrouille est aliée chez M. de Ja Fayette, lui rendre compte de
ce qui venoit d'arriver. Ce général fait battre la générale, et
ramasse dix mille hommes, les conduit au Champ de Mars,
arbore le drapeau rouge. Après les avoir un peu pérores et priés
de se retirer, il n'est point écouté. Il fait déployer le drapeau
rouge et publier la loi martiale. On lui jette des pierres, on le ^
met en joue. Un grenadier national le tire à balle franche, le v.^
manque ; enfin il commande aux soldats de faire feu ; il y en ^1^
a 15 ou environ de tués et autant de blessés. Un aide de camp i|
de M. de la Fayette, se trouvant à côté du grenadier qui mettoit } -^
enjoué le général, lui a coupé le poignet d'un coup de sabre, /^fj
après son coup lâché. Un autre aide de camp a reçu un coup
de couteau dans la cuisse, d'un chef d'émeute fort bien mis, que
Ton dit du club. Un cavalier, qui accompagnoit cet aide de ^^
camp, tire son pistolet et brûle la cervelle au clubiste. Enfin, .^M
après ce petit combat sanglant, le peuple s*est dispersé. Heu- ^
reusement que beaucoup de soldats ont tiré leur coup en l'air. ;-|
Le drapeau rouge est rétabli à l'Hôtel de ville et reste déployé ; - J
ordre d'éclairer toutes les fenêtres, nombreuses patrouilles de l
nuit. ;J
Pour moi, je n'ai heureusement rien vu de cette scène san- ^
glante. Après la messe, je suis allé dîner chez un ami. Après -J
dîner, nous nous sommes allés promener en cabriolet au bois de ^|
Boulogne. C'est à mon retour, à 8 heures du soir, que j'ai appris :"}
cette nouvelle. J'ai eu cependant peur en revenant à l'hôtel 3
à 11 heures. On vouloit me faire coucher ; j'ai préféré de m'en s J
revenir et me voici. J