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Paris, le dimanche soir, 17 juillet 1791.
... Depuis vendredi que rAs.semblée nationale a prononcé sur l'inviolabilité du Roy, qu'on ne pouvoit l'accuser ni le mettre en cause *, nous avons eu des clubistes, des dandis aux environs de 4 à 5.000, qui n'ont cessé de s'attrouper, de dire des horreurs du Roy, de l'Assemblée nationale, de M. de la Fayette et de la Municipalité, criant qu'ils ne vouloient plus de roy, mais une république. Quelques-uns de messieurs les députés leur avoient inspiré cette opinion incendiaire. Enfin, aujourd'hui, grande assemblée au Champ de Mars, qui a fait trembler le Roy et l'Assemblée nationale, car ces messieurs dandis parloient de détruire l'un et l'autre *. Les entrées des Tuileries et de l'Assemblée ont été gardées avec deux canons chargés et mèche allumée à chaque porte. Ce matin, ils ont commencé la journée à pendre deux hommes, un invalide et un perruquier, accusés d'avoir fait un creux sous l'autel de la patrie, pour y mettre de la poudre et le faire sauter. Quand ces malheureux ont été morts, ils se sont convaincus de leur innocence, car Ton n'a pas trouvé un grain de poudre sur eux. Trente hommes
1. Un décret, rendu le 15 juillet 1791, énonçait les cas qui entraîneraient désormais l'abdication du Roi. Mais l'Assemblée s'élaiL ralliée aux vues du rapporteur Mug:uel de NanUieu et avait reconnu que punir Louis XVI de sa fuite serait ruiner le principe de rinriolabilité et donner aux mesures législatives que Ton pourrait prendre à ce sujet un effet rétroactif. (Aulard, Nittoire politique de la dévolution frahçai$e, 190i, in-8*, p. 111-113.)