AU MARQUIS DE MAIGHB
dans rintérieur du royaume, et certes c'est, dans le moment, la plus fâcheuse position qu'il y ait. Quarante mille Impériaux sont attendus à Bruxelles pour le 25 du courant ; les logemens d'une partie de l'armée sont préparés à Ypres, à Tournai, etc... Enfin si rinvasion n'a pas lieu d'ici à six semaines ou deux mois, il faut renoncer à ajouter foi à toute espèce de nouvelles. Je pourrois vous dire beaucoup de choses de vive voix que je n'ose confier au papier ; il en est cependant que vous devez soupçonner facilement.
Les ouvriers mourans de faim faute de travail ont formé ici, ces jours derniers, une espèce d'insurrection que nous avons eu assez de peine à calmer. Depuis quelque temps nous sommes employés à réprimer le désordre qui devoit nécessairement résulter du système actuel. Grâces au Ciel, nos soldats se conduisent bien et leur manière de servir nous donne de grandes espérances...
Daignez agréer l'hommage de la respectueuse et tendre reconnoissance que le vous ai vouée pour la vie.
P,'S. — La disette d'argent commence à devenir si grande que le ministre nous a fait prévenir que les appointemens des officiers alloient désormais être payés en assignats.