Du même à la même^ à Maiche
Ath *, ce 26 novembre 17»4.
Jusqu'à présent nous avons vécu ici au milieu de toutes les calamités qu'entraînent la misère et la maladie, et nous y avons vécu sans espoir de voir les affaires se terminer à notre avantage. Le peuple, d'accord avec nos ennemis, cherchoil à nous rendre la vie plus dure et à nous causer toutes sortes de désagrémens. La dyssenterie avoit fait des progrès efTrayans parmi nos émigrés, dont plusieurs sont morts et une grande quantité dangereusement malades. Aujourd'hui, pour ranimer un peu notre courage, on nous a mandé que très décidément les troupes étoient en marche et que dans deux mois nous entrerions en F[rance]. Les Princes, ajoute-t-on, ont reçu de l'Impératrice de Russie une somme de dix millions, ce qui les met à même d'entreprendre de grandes opérations qu'ils n'auroient jamais pu confectionner sans argent. Il faut des troupes, et il en faut beaucoup pour réussir. Le pays où je suis n'attend que l'instant favorable pour suivre l'impulsion de la France. Il y a peu de jours qu'on osa afficher dans tous les quartiers de la ville une invitation aux démocrates françois de venir se joindre aux Belges qui les recevroient à bras ouverts. Cette audacieuse affiche n'échappa pas à la vigilance du commandant qui fit à son tour afficher une promesse de 6.000 florins à celui qui dénonceroit l'auteur du placard, et ordonna aux patrouilles de faire feu sur les bourgeois qu'on verroit arrêtés dans les rues au delà du nombre de trois personnes. Cet acte