‹ Lettres d'aristocratesChapitre 287 sur 541 · Ath, prorince deHainaut {Belgique · texte numérisé non relu

Ath, prorince deHainaut {Belgique

M. DE MAIGHB

jévérité a produit son effet, et depuis ce temps la ville est le. Les troupes allemandes sabrent et sabrent sans misérde tous les perturbateurs de l'ordre public, ernièrement, l'archiduc et Tarchiduchesse Christine », goulante des Pays-Bas, passèrent ici avec l'archiduc Charles, îième fils de TEmpereur*. Leurs Altesses ne firent aucun leil aux PYançois et parurent mc^me fâchés de voir l'unile que nous avons adopté. Que penser d'une telle conduite ? ron l'attribuer à la politique ou à la haine ? L'événement 3 l'apprendra. Vous savez que Thistoire rapporte que tous ^rinces de la maison d'Autriche ont eu, depuis l'entrée de ie de Bourgogne dans cette famille, la lèvre inférieure très ;se. J*ai vérifié ce fait sur l'Archiduchesse et le iils de l'Emîur, et j*ai trouvé que rien n'étoit plus vrai. L'un et lautre la lèvre inférieure d'une grosseur prodigieuse, n nous vend ici tout au poids de l'or. Les logemens surtout , d'un prix exorbitant. Nous sommes obligés de coucher Te et cinq dans une chambre et d'en payer le loyer excesment cher. Je vous réitère mes remerciemens des secours miaires que vous avez eu la bonté de m'envoyer il y a î mois. Sans eux je serois vraiment malheureux dans ce ^, où nous ne [sommes soufferts qu'en considération de ^cnt que nous y répandons. Plusieurs de nos émigrés sont s un état déplorable : leur misère est telle, qu'ils peuvent îine se vôtir ; et notre situation est si impérieuse, que nous )ouvons les secourir comme nous le désirerions, sans coues mômes risques qu'eux. Mais quel que puisse être notre , le motif de notre détermination nous servira de consola- , et la cause en est trop belle pour qu'on en puisse jamais ner l'effet.

abbé Maury a passé ici, il y a quelques jours ^. Nous Tavons , complimenté, etc.. comme l'un des plus zélés défenseurs Église et du Trône. lia paru très sensible à l'accueil de la lesse française réunie, et a fait un très beau discours, où il ssoit par dire que notre postérité recevroit de nous autant ustre que nous en avions reçu de nos aïeux. 3 n'ai emporté avec moi qu'une très petite partie de mes

Marie-Cliristine, archiduchesse d'Autriche (1742-1798), auatrièroe enfant de Marie-Thè- :t de Frauçois de Lorraine, mariée en 1766 au prince Albert de Saxe, de concert ar«c 1 elle gouvernail les Pays-Bas depuis 1780.

Charles, archiduc d'Autriche, duc de Teschen (1771-1847), troisième fils d« LéopoM II.

Aussitôt après la clôture de l'Assemblée constituante, l'abbé Maury arail émigré. » un s<^jour en Belgique et en Allemagne, il gagna Rome.

M. DE PONTBT A M. D ABZAC 329

effets. J'ai laissé à Arras, dans des mains sûres, mon gros porte-manleau, une caisse remplie de livres, papiers, etc., et une boîte à deux violons. Si l'événement devient pressant, j'aurai soin de vous envoyer l'adresse de la personne qui en est chargée, afin qu'en cas de ^ion-rentrée, vous puissiez les réclamer.

Afin que le timbre d' Ath sur mes lettres ne vous compromette point, j'aurai soin, toutes les fois que je vous écrirai, de faire mettre mes lettres à la poste d'une ville françoise, comme Valenciennes, Douai, Gondé...

Vous connoissez les sentimens inviolables et respectueux que je vous ai voués.

De M. de Pontet à M. cTAbzac.

(Arch. nat., W 309. doss. 408. n* 14.)

Neuf-Brisach, le 4 mars 1792.

Je n'ai pas voulu vous écrire, mon cher d'Abzac, que je n'aie rejoint ma destination. Je suis enfin rendu et vais vous faire un détail de ce qui m'est arrivé depuis ma séparation du régiment de la Marine *, moment qui m'est toujours présent et bien douloureux. Mon voyage a été une cascade perpétuelle, de voitures jusqu'à Lyon avec Boulard et Saint-Loys, de diligences jusqu'à Besançon seul ou en mauvaise compagnie, de Besançon seul ayant loué une voiture jusqu'à Metz. Tout cela a été horriblement dispendieux, long et fatigant. Mauvais temps, chemins à faire trembler I J'ai vu partout beaucoup de mécontens. A Lyon, l'on parle tout haut contre les choses actuelles ; en Franche-Comté, tout le contraire, à Besançon surtout ; tout n'y respire que guerre et combats, excepté une classe qui est en fuite ou renfermée dans ses maisons. A Metz, où j'ai passé treize jours, l'on ne voit que frises, palissades, canons braqués, volontaires nationaux, trains d'artillerie, caissons et surtout une garnison très insubordonnée. Les cabarets sont pleins toute la journée, et c'est là où chacun dit sa façon de penser : les

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