‹ Lettres d'aristocratesChapitre 297 sur 541 · Du même au même · texte numérisé non relu

Du même au même

{ibid.)

A Mons, ce vendredi, 6 mai 1791.

lis arrivé ici hier au soir sans aucun accident et me . à merveille. J'avois une lettre de M. de Raincourt [. le comte d'Andlau *, homme d'une fort bonne maison >ays-ci. Cette lettre le prioit de me procurer les moyens iver dans cette ville des logemens et toutes les choses ivois besoin. Il devoit aussi me mettre au fait du genre îu'on y mène, de ce qu'il en coûte pour logement, nouretc. Il auroit enfin bien voulu répondre à mes questions; est parti pour la campagne, précisément la veille do 'rivée à Mons. J'ai beaucoup couru la ville pour découit seul ce que je veux savoir, et le voici.

it sagir ici de Claude, vicomte de la Cbaslre (1734-1821).

rd-Charles- François do Nicolay (1737-1794), premier président da Grand Conseil.

iVIzon détail appartenir à la famille Daudé d'AIzoo.

lulOl d*AndeIot, d'une famille originaire de Pranche-Comt^.

Il arrive tous les jours beaucoup de François, dont sont autres M. le marquis d'Espinay^, M. duDresnay ^, le père sa fille et sa petite-fille, M~ la maréchale de Gonflans', compagnie, etc..., etc.. Tous ont pris des maisons ou ap] mens. Les nouveaux arrivés en cherchent et en trouven difficilement. J'ai été voir, je crois, tout ce qui reste di ville, tant il y en a peu, car le nombre se réduit à cinq o Il n'est même plus possible de louer une maison cntièi assez de chambres ensemble, pour ne nous pas un peu sé\ I^ prix de ces logemens est très cher. Par exemple, j\ dans trois composés chacun de quatre chambres et éc pour trois chevaux, pour le prix Tun de 20 louis par l'autre de 16, et l'autre de 15. Aucun n'est cependant beau, car il est rare de trouver une garde-robe à côté chambre.

La vie n'est pas si chère qu'à Bruxelles et à Tournai, mi n'est pas encore bon marché. On croit qu'un cuisinier i plus économique qu'un traiteur. Au reste, voilà le détail que coûteroit ce traiteur, qui est le meilleur d'ici :

1* Il ne pourroit donner que huit couverts par jour ;

2"* Il ne veut fournir de linge que trois fois par semaine

3* Il ne fournira ni de pain, ni de vin, ni dessert ;

4* Il donnera cinq plats à chaque service, c'est-à-dire services à dîner et un service à souper ; cela feroit par c quent quinze plats par jour, pour lesquels il deman< quinze francs par jour, ce qui feroit un petit ccu par pers si vous ne comptez pas Anatole.

On dit que le pays est fort sain. Il n*y a que des prés se par de petits canaux. On ne voit point de montagnes ; ce par conséquent des plaines. Je suis sûr de cela par exemj

La garnison est composée de deux bataillons d'infan deux compagnies de chasseurs à pied et quatre escadroi houlans. On n'aime pas ces troupes ici ; les tètes môme fei lent beaucoup.

J'ai vu, ce soir, une maison qui pourroit vous convenir, assez de logement, mais beaucoup d'autres la recherc •i'aurois eu la préférence, si j'avois pu me décider aujoun

1. Adrien -Joseph d*E8piDay, marquis d'Espinay- Saint-Luc, sr do Vaut (1740-1816] ciial d« camp en 1788.

3. Louis-Marie-Arobroise-Rcné, marquis du Drcsnay (1742-1798), ancien mare caïqp.

3. Marie-CharloUe de Sennelerre. seconde femme de lx)uis de Conflans, marqui menlières, maréchal de France, morl en 1774.

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