Claudine-Césarinc de la Tour-<hi-Pin
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pourra être leur issue. Ce qui est certain, c'est la constance de mon amitié pour vous, mon cher Sarcé; ce sentimeai ne m'abandonnera jamais, je vous prie de n'en pas douter et d'en agréer la nouvelle assurance.
Il y a mille à parier contre un, malgré tout ce qui se répand, que, sans troupes étrangères, la noblesse émigrée n'agira pas. Ainsi, en envoyant vos enfans à Coblentz, vous ne ferez que satisfaire au préjugé répandu et accrédité qui fait sortir toute la noblesse du royaume et qui ne lui permet pas de rester dans la province, ce qui est à mon gré fort malheureux pour elle et pour la chose. Adieu, mon cher Sarcé.
§4- De M. Bengy de Puy vallée à M. d'AbzcLC.
(Arch. nat., W 309, doss. 408. n* 7.)
Coblentz, le 23 novembre i791.
Je VOUS ai promis, Monsieur, un détail de tout ce qui se passe dans cette partie du monde, et mon [opinion sur les opéraCons politiques. Je vais vous parler comme je vois; vous ajouterez à mes écrits telle foi que de raison.
Je m'étois imaginé trouver ici une cour avec une contenance qui convînt à des gens éprouvés par deux ans d'infortune, c'est-à-dire un ton de dignité que le malheur ne peut abattre, de la gravité dans Textérieur, de la réflexion dans la conduite, de la maturité dans les projets. Je pensois que, tout occupé de grandes combinaisons politiques, on avoit banni pour jamais les intrigues, les menées sourdes et surtout l'influence funeste des femmes qui font les charmes des sociétés, mais qui ne peuvent pas saisir l'ensemble des grandes entreprises et qui nuisent souvent aux détails : je n'ai encore aperçu que légèreté et inconséquence, des prétentions exagérées, des manières frivoles, chacun occupé de soi-même, personne de la chose publique, une ambition démesurée, des disputes pour les rangs, l'autorité divisée en plusieurs mains, flottant au gré de la faveur et de l'intrigue, une jeunesse indiscrète qui décide souverainement, un despotisme exercé sur les opinions politiques, la raison reléguée dans Tintimité de quelques gens sages qui n'osent parler tout haut, qui ne sont ni écoutés, ni consultés,