LE CHEVALIER DE BLANDINIÂEES
Adieu, ma chère maman, je vous désire une aussi bonne santé qu'à moi. Je vous embrasse et vous chéris bien tendrement.
P.'S. — J'oubliois, dans Tarticle des nouvelles politiques, de vous répéter qu'il est très certain qu'au printemps nous aurons le roi de Suède* à la tête d'une armée de Russes et de Suédois. Tous les princes de l'Empire se préparent à fournir les troupes qu'ils doivent aux cercles de l'Empire. La Prusse, au moyen de son traité d'alliance avec l'Empire, ne restera pas neutre. Déjà l'Espagne et la Savoie sont déclarées. Voilà quels seront nos moyens pour ouvrir la campa^e.
Le nouvel ambassadeur Sainte-Croix* a déjà éprouvé bien des humiliations. En arrivant, il fut conduit chez le grandprévôt par deux soldats, et puis son hôte l'expulsa de son logement, parce que 200 François qui mangeoicnt dans cette auberge avoient quitté leurs tables.
{ » — Du chevalier de Blandinièrts à la comtesse de Bussy^ à Mont'Saint'Père^ près Chdleau-Thierry.
(.Vrch. oat., W 26, doss. 1588.)
A Alh, ce 2 janvier 1792.
Madame, connoissant l'intérêt que vous voulez bien prendre à moi, je saisis le premier moment que j'ai eu de libre pour vous donner de mes nouvelles...
Malgré le mauvais temps que nous avons eu pendant toute la route et... aux couchées près, nous avons voyagé fort agréablement. Outre la bonne société réunie dans notre voiture, il y en avoit quatre autres que nous suivions, ce qui composoîi 22 personnes animées toutes du môme esprit et allant vers le même but. Plusieurs voitures en poste nous devancèrent, cl pour vous donner une idée de la quantité des gens qui vojTigent, l'avant-veille que nous avons couché à Cambrai, on y avoit vu passer o2 voitures dans un jour.