Gustave m. roi do Suède, de 1771 à
t. Louis-Claude Bigol de Sainle-Croix (174V1803) avait été en novembre 1791 envoyé par le gouveruement français auprès de l'élecleur de Trêves pour le sommer d'avoir âCave cesser dans ses Etals avaul le ISjanvier tout rassemblement de ir«iipes.
Nous avons séjourné un jour à Tournai, et le lendemain mes camarades m'ont accompagné jusqu'ici et ont continué leur route pour Goblentz. J'ai été fort étonné de ne trouver ici aucun officier de ma connoissance, et comme il faut avoir deux répondans pour être reçu, la chose me fut impossible. J'éprouvai bien dans cette occasion qu'on ne sauroit trop avoir de bonnes connoissances.
Après avoir passé deux jours ici infructueusement, je fus en passer autant à Mons, où je fus plus heureux, y ayant trouvé gens de ma province, qui se seroient fait un plaisir de faire le voyage exprès pour venir me présenter si j'en eusse eu besoin. Mais à mon retour ici, j'y en ai trouvé huit à neuf qui étoient arrivés dans l'intervalle et qui, étant reçus eux-mêmes, m'ont servi de répondans. J'ai vu à Mons M™* d'Ambrugeac* qui m'a beaucoup demandé si vous iriez la joindre. Je lui ai répondu que vous ne paroissiez pas encore très décidée sur le choix de votre résidence au moment du choc. J'ai vu aussi monsieur le curé de Villeneuve^, qui est fort tranquille et se porte à merveille, mais qui, malgré ç», quitteroit avec grand plaisir sa cellule, pour aller reprendre son poste et vous offrir ses services.
Vous devez connoître la proclamation de l'Empereur aux Étals de France en faveur des princes possessionnaires en Alsace et Lorraine. Sa conduite aujourd'hui n'est plus problématique. Le général Bender a reçu ordre de faire avancer ses troupes sur ces frontières. J'y ai vu arriver plusieurs chariots chaînés de canons. i
Vous avez pu voir sur les papiers publics que les Électeurs de Trêves et autres ont donné des ordres pour disperser les émigrés françois, et la vérité est qu'ils sont invités par le chef de l'Empire de leur accorder toute assistance. En conséquence, dix de nos compagnies partent cette semaine pour Trêves. Je suis du nombre. Nous recevrons là des ordres ultérieurs que nous croyons être pour Worms. Moyennant ça, il me reste à faire une petite promenade d'environ 120 lieues. Les autres compagnies, dont le nombre s'accroît tous les jours, nous suivront de près.
Les dernières nouvelles nous apprennent que l'Espagne ne s'endort pas et qu'elle n'attend que le moment convenu pour ouvrir son bal.
Nous avons ici des députés de la propagande françoise. -^