‹ Lettres d'aristocratesChapitre 379 sur 541 · Du même au même · texte numérisé non relu

Du même au même

{lbid.,Q* 50.)

Vernouillet, le 16 juillet 4792.

La campagne est superbe. Monsieur, et promet beaucoup en blé et en avoine... Le peuple ici veut toujours avoir le blé à bon marché. Les fermiers ne peuvent le donner, et pour empêcher les voies de fait, les municipalités payent des supplémens pour que leurs marchés ne manquent point. Les maires et municipaux donnent de leur argent pour cela, et les sols pour livre feront le reste. Quel cahos ! Grand Dieu!

Le département de Paris a voit suspendu le Manuel et le Pétion. Le Roy a confirmé la suspension, et cette mesure contre le maire étoit bien motivée. Les juges de paix avoient même décrété et des canonniers de la garde et des membres de l'Assemblée pour les faits du 20 Juin constatés par témoins.

L*Asseinblée a jugé dans sa sagesse, influencée par les hurlemens des tribunes, que le maire dcvoit être rétabli pour la fête du 14 *, et en conséquence il a joui samedi de son triomphe, et a éclipsé le pouvoir exécutif qui a été saturé d'opprobres et d'humiliations. Tous les honnêtes citoyens ont passé le temps de la Fédération et surtout le samedi dans les inquiétudes les plus vives. Ils trembloient pour les jours du Roy et de la famille royale. On a voulu que le Roy vînt mettre le feu à un arbre surchargé d'écussons ; il s'y est constamment refusé et le maire a fait cette exécution patriotique. On nous a dit hier sur le grand chemin, car on interroge partout sur les événemens du 14 les gens venant de Paris, que le bataillon commandé par le brasseur San terre avoit injurié la famille royale, mais que le troisième bataillon de la même Garde nationale avoit comblé le Roy de bénédictions, et crié Vivent le Roy et la Reine d'une façon à en imposer aux cris des factieux. Chose fort étrange, le général ^ckner est arrivé à Paris, n'a point été à la Fédération et af dit au peuple qu'il y venoit pour lui et pour son bonheur. Qu^l est son objet et le motif de son voyage ? Je n'en sais rien. \

On écrit de Paris qu^ Strasbourg est assiégé ; je n'en crois rien * , car les lettres dej'étranger assurent que le prince de Brunswick, général des l^russiens, ne commencera ses opérations que le premier du prochain, c'est-à-dire de demain en quinze.

La proclamation de la patrie en danger donne une grande autorité aux municipalités. D'après cela, il faut s'attendre à des visites et à des inquisitions et vexations nouvelles. Mais songeons aux Tuileries et aux malheureux princes qui l'habitent, et nos maux seront allégés des trois quarts...

Adieu, Monsieur, je suis...

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