Du même au même
{Ibid., n«77.)
Paris, le 2 avril 1793.
Nous sommes, Monsieur, dans un état très fâcheux à Paris. Il y a quelques jours que tous les habitans de Paris étoient sous les armes, et les bons Parisiens faisoient ce service pour aller les uns chez les autres faire des visites domiciliaires et se prendre mutuellement leurs armes. Il y avoittant de corps de garde à chaque coin de rue que de chez moi à la place des Piques, autrefois Vendôme, aller et retour, j'ai été obligé de montrer 63 fois bien comptées ma carte de citoyen. Hier, on présageoit du train, mais il n'y a rien eu. Les nouvelles du dehors et aussi celles du dedans tiennent nos représentans dans une agitation très grande, et le mouvement se communique, mais moins aisément que les années passées. On dit que le Midi nous envoie encore ses Marseillois pour électriser un peu notre patriotisme. Dieu veuille pourtant que nous ne voyions pas se renouveler les scènes de septembre dernier!
On attend M. Dumouriez à la barre. L'Assemblée a envoyé des commissaires le chercher à Lille ou à Valenciennes, où il est avec les débris de ses armées*...
Nous sommes ici presque en arrestation tant il est difficile de sortir des barrières, soit à raison de leur fermeture, soit par les difficultés sur les passeports.
Adieu, Monsieur, je vous souhaite de la santé et de n'éprouver que le moins de vexations possible.