Du même au même
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Paris, le 7 février 1792.
Monsieur, j'ai reçu votre dernière du 4*^, et je croîs, ainsi que vous, que la propagande jacobine et brabançonne n'aura pas beau jeu. Ces messieurs le savent bien ; ils jouent de leur reste et risquent le va-tout. Ce sont des scélérats qui, si on n'y met-
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toit bon ordre, renverseroicnt et détruiroienl tout, parce qu'il n'y a rien de sacré pour eux. Mais chacun aura son tour, et j'espère que les honnêtes gens ne seront j)as toujours dupes et victimes des fripons. Il y a un terme à tout. D'ailleurs, la canaille ne sait ni amasser, ni conserver ; tout périt entre leurs mains...
On s'accorde assez généralement à croire que nous n'aurons pas la guerre et que tout s'arrangera. Je crois qu'il y aura bien de la difficulté. Tout le monde n'est pas d'accord et ne pense pas de même ; mais je vois clairement et je présume que la Révolution ne peut tenir, qu'elle perd tous les jours de ses partisans et qu'au premier mouvement beaucoup se rangeront du bon côté.
Il faut qu'il y ait quelque chose d'extraordinaire, que je ne conçois point : l'argent est aujourd'hui à 85 p. 100, et il y tiendra. On croit même qu'il ne peut qu'augmenter. Personne ne veut plus escompter de papier, et celui des premières maisons se fait à 7 et 8 p. 100. On propose môme à ce taux des dépôts en actions de caisse, ou des nantissemens en lingots d'or ou d'argent. Je ne sais ce que cela veut dire ; mais je vous avoue* que je tremble qu'il n'arrive quelque chose de bien désastreux. L'Assemblée ne s'entend plus et perd la tête. Qui donc nous sauvera du mauvais pas où nous sommes ?...
J'ai l'honneur...
Lefebvrb d*Acy.