Du même au même
(/6id.)
Paris, le 12 avril 1792.
Monsieur..., nous sommes encore assez tranquilles jusqi ce moment. Mais l'arrivée des Suisses de Châteauvieux eau une fermentation sourde, et on craint que la fête, que les pi ardens patriotes se proposent de leur donner dimanche pi chain, n'occasionne quelque chose de fâcheux * ; car il y a gra nombre d'opposans à ce que l'on fêle des soldats qui ont ma festé une insubordination coupable et ont massacré plusieii citoyens aux portes de Nancy. En général, la Garde nations les voit de mauvais œil, ainsi que les gens honnêtes et modéra 11 n*y a guère que les sans-culottes et les enragés, tous ge qui se plaisent dans l'exagération et le désordre, qui veuille de ces fêtes qui ne ressemblent à rien et coûtent beaucoup da un moment de crise et d'embarras, comme celui où no sommes...
Tout va de mal en pis ; on est endetté partout, on man l'impossible et rien ne va. Cela ne peut durer. L'opinion mêr change tous les jours et n'est plus la même en faveur de Révolution. Quelle sera la fin de l'état forcé et malheureux da lequel nous nous trouvons ? Pauvre France !
J'ai l'honneur...
Lefebvre d'Acy.
i. En août-seplenibre 1790. les Suisses du régimeol de Chàleaunenx, en çaroisoi Naocy, s'étaient, on le sait, mutinés contre leurs officiers et contre Bouille et avaient lâc nenl lire sur Désilles, odicior au Régiment du Roi. Par décret du 31 décembre 17 l'Assemblée avait décidé que les 40 soldats qui, a la suite de ces faits, avaient été envo; 4UX galères a Brest, seraient compris dans l'amnistie prononcée par le décret du 14 s Icrobre 1791 {Arch. pari.., t. XXXVI, p. 7il). Le parti jacobin résolut aussitôt d'organr en l'honneur de ces « marljrs de la lil)erté » une fête civique qui eut lieu le 15 avril i' (Morlimer-Temaux. t. 1, p. 51-9i). Le 'J avril l'Assemblée avait eu la faiblesse d'admet <^es asâ^sins aux honneurs de la séance !
M. LEFBBVRE D AGT
— Du même au même.
{Ibid.)
Paris, le 17 avril 1792.
.aiive Jacobite à Toccasion des soldats de pe échoué, et cette fête soi-disant patrionoit les suites, s*est passée très iranquilu surplus, qu'une mauvaise farce et une 3ar des sans-culottes. Tous les honnêtes Livée ; et cette fois la canaille n'a pas eu lonne ne s'y est montré et que toutes ces int de motif et ne remédient pas à tout le ont on ne sait plus comment on sortira, t aux bons esprits, môme aux véritables stitution, qui la voient enfreinte tous les perpétuer sans pouvoir y remédier.
>is prochain ne se passera pas sans qu on . nous ne serons pas plus sur la défensive )us ne sommes maintenant. Les Jacobins 3ir sur la défection des troupes étrangères : ouvoir de tout désorganiser et de tout corla volonté qui leur manque, mais bien les 'est que chez une nation aussi corrompue Irouve des intrigans et des scélérats en îconder et faire réussir de sinistres projets.
Lbfbbvrb d'Act.
— Du même au même.
{ibid.)
Paris, le 24 avril 1792.
Hes instruit maintenant que la guerre est Igré la nullité bien notoire de nos moyens, esseurs. Je ne conçois pas que l'Assemerminée à donner si belle chance à tous
par décret du 20 avril (A. Sorel, VEvarope et la Jtévoluivm.
lesméconlens du dehors. Il s'en faut bien que nous soyons en mesure de repousser un ennemi discipliné et aguerri ; mais ne doutant de rien, bravant et insultant toutes les puissances, nous allons les provoquer. Quelle en sera l'issue et ne devonsnous pas être battus ? Il est vrai que les propagandiers se fondent beaucoup sur leurs manœuvres sourdes, et comptent fort sur la défection des troupes étrangères. J'avoue que, si ce moyen ne leur réussit pas , comme on pourroit encore raisonnablement en douter, ils sont perdus. C'est à tort qu'ils se persuadent que tout est enclin au crime et à la destruction comme eux, qui sont les hommes les plus pervers et les plus corrompus, ne commettant que crimes et scélératesses. Nous sommes à juste titre haïs et méprisés des nations saines ; et sauf quelques turbulens et intrigans, comme il s'en trouve partout, il n y en a pas qui puissent désirer d'être gouvernés et de vivre comme nous le faisons, depuis que notre Révolution est commencée. On appelle cela une régénération ; mais je soutiens que c'est un système complet de destruction et de désorganisation. Aussi, ces messieurs, voyant le remède à tant de maux très difficile, voudroient-ils désorganiser ainsi toutes les sociétés d'hommes qui habitent la terre.
Nos braves soutiennent qu'ils ne craignent rien, qu'ils ont 400 millions de numéraire en réserve, qu'ils se ménagent depuis longtemps exprès pour cela, et ils s'estiment invincibles et bien au-dessus de tous leurs ennemis. Il y a dans tout cela, peut-être, un peu de présomption; mais faut bien par des rodomontades relever un peu le courage et enflammer de patriotisme ces âmes froides et pusillanimes qui ne se font pas d'illusion et voient tout bonnement les choses comme elles sont. Car qui n'est pas fou et enthousiaste, môme énergumène, en ce moment n'est pas au ton du jour et ne peut passer que pour un mauvais citoyen et un aristocrate.
J'ai l'honneur...
Lefebvrb d'Acy.
H. — Du même au même.
{Ibid.)
Paris, le 1" mai 1792.
Monsieur..., l'exaltation des têtes entretient un certain enthousiasme qui sans doute maintient les choses dans le
458 M. LEFBBVRE D AGY
même état. Ce ne sera qu'en cas de revers, que nous verrons le découragement succéder à cette extrême confiance dans nos ressources et nos moyens qui sont, ce me semble, exagérés, car je ne crois pas du tout que nous soyons riches et puissans. Tout s'épuise, et depuis trois années entières que nous vivons en insurrection et qu'on gaspille de tous côtés, les finances ne marchent pas à un rétablissement prochain. Les dons journaliers, qu'on vante si haut, ne fourniront pas longtemps', et je les crois d'ailleurs très insuffisans pour soutenir une campagne qui va achever de nous ruiner, soit que nous soyons battans ou battus...
J'ai l'honneur. . .
Lefebvrb d'Act.