Du même au même
{Ibid.)
Paris, le 24 juin 1792.
Monsieur,... le taux [du change] est toujours le même, et il paroît qu'il n'y aura de changement que dans le cas de quelque affaire décisive. Il est décrété cependant que les armées seront payées en numéraire, ce qui doit en consommer beaucoup. Il est vrai que, comme elles s'éloignent peu de notre tem'toircil en rentre une grande partie, et ceux qui le vendent à Paris le font acheter sur la frontière pour l'y apporter. Je pense même que le Trésor se le procure ainsi par quelques agens à lui sur les lieux.
Nous sommes plus que jamais dans le trouble et la division depuis l'émeute de mercredi, qui seule immortalisera le Roy qui s'est montré comme un dieu, avec une sérénité, un courage, un calme qui prouve la pureté de son âme et fait le désespoir des Jacobins qui, sans doute, reconnoissent bien leur faute. mais ne veulent en convenir. On voit clairement que les deux partis sont aux prises ; mais les scélérats, dont le nombre est grand et à qui les crimes ne coûtent rien, vont, dit-on, appeler <le toutes les provinces les brigands qui sont déjà prêts à marcher. On cherche à rassembler les communes voisines de Paris, et l'on dit que demain le tumulte doit recommencer. Je crains, si cela est. qu'il n'en coûte la vie à plusieurs, car il paroit que cette fois-ci on est bien décidé de repousser la violence par la force. Il y a une pétition contre la municipalité, que chacun peut signer chez les notaires et qui doit être présentée aujourd'hui à l'Assemblée. Je suis bien convaincu que les pétitionnaires seront mal accueillis, et il y en aura vraisemblablement une autre en opposition de celle-ci, dont les signatures seront sans doute plus nombreuses encore, car si l'une ne doit l'être que par les gens honnêtes et raisonnables, qui pour l'ordinaire
A M. VANLBRBERGHE 4
n'intriguent et ne cabalent, il s'en trouvera moins de ceux que des autres...
J'aiThonneur...
Lefebvre d'Agt.