‹ Lettres d'aristocratesChapitre 412 sur 541 · Du même au même · texte numérisé non relu

Du même au même

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Paris, le 23 juin 1792.

Monsieur,... dans les circonstances où nous sommes, il faut bien qu'il survienne un changement d'un moment à l'autre, et cette crise, qui ne peut manquer d'avoir lieu, décidera sans doute irrévocablement sur quelle ligne il faudra marcher désormais ; et alors ou l'argent tombera de beaucoup, ou il s'élèvera à un taux exorbitant. La bagarre de mercredi, qui avait été fomentée et préparée par le club jacobin, a éclairé bien des gens sur notre véritable situation, et a prouvé combien cette faction est hardie et puissante, se sentant appuyée parle peuple qu'elle influence et conduit à son gré. Néanmoins, cette tentative inouïe n'a pas eu tout le succès qu'on en attendoit, et je crois, au contraire, que, mettant ainsi en évidence leurs complots et ce qu'ils osent, ils ont par ce moyen fait connoître combien ils sont dangereux ; et les bons citoyens quels qu'ils soient, même les plus constitutionnels, qui ont été à même de les juger par leurs propres œuvres, sont tous intéressés à les détruire, ce qui arrivera infailliblement, et je suis convaincu que le coup hardi, qu'ils ont essayé le 20, est ce qui les perdra. Ils ont ouvertement violé la constitution dont ils se disent les amis, et, aux yeux de l'univers entier, ils ne sont que des infracteurs qui prouvent que les décisions de l'Assemblée, ainsi que la volonté du monarque, sont influencées et dictées par la force. Pour des gens d'esprit, ils sont bien maladroits et ils se perdent euxmêmes par leur propre faute. Les aristocrates môme qui veulent ramener les anciennes lois auront sur eux un très grand avantage et les écraseront, la constitution à la main. Ils ont de cette manière tourné contre eux leurs propres armes. Il est vrai que les scélérats ne peuvent marcher aussi fermes dans la même route que les honnêtes gens qui, longuement et difficilement à la vérité, finissent toujours par reprendre l'avantage.

46Ô M. LBFBBVRB D AGY

On publie ici chaque jour de nouvelles victoires, et il paron que nous avançons grand train et sans beaucoup de peine eo pays ennemi. Cependant, cette rapidité de conquêtes ne me rassure pas encore entièrement... Je crains, malgré tout, quelque grande déroute...

J'ai rhonneur...

Lefebvrb d*Act.

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