‹ Lettres d'aristocratesChapitre 445 sur 541 · Du même au même · texte numérisé non relu

Du même au même

llbid., n* 44.)

Paris, rue Vivienne, n« 13 ; 12 juin 1792.

... Rien de bien nouveau ici. Monsieur. On s'attend cependant qu'il pourra y avoir du trouble à Paris d'ici à quinze jours, à l'occasion de ces 20.000 hommes qu'on veut rassembler à Paris, dont chacun, selon le projet, auroit trois ou quatre suppléans. 11 y a un coup monté là-dessous, enfin un coup de jacobin; c'est tout dire. La garde nationale de Paris ne voit pas cela d'un bon œil. On diroit que ces 20.000 hommes sont àlever. Point du tout! C'est qu'on sait que la majeure partie est déjà ici dans Paris, le reste en route, sans savoir si le décret sera sanctionné ou non. On compte le Roy pour rien. On va de l'avant, on monte un grand coup. On a licencié la garde du Roy, comme une résistance ; on fait partir les bataillons de chasseurs, les verts ; on va renvoyer les trois régimens de troupes de ligne; on écartera les gardes suisses ; on isolera la garde nationale de Paris ; et puis vous verrez voyager le Roy vers les provinces méridionales et l'Assemblée suivre. Voilà ce qu'on entrevoit de ce projet inopiné d'une nouvelle armée sous ou dans Paris, tandis que la garde nationale suffit et ne se plaint pas du service. On a mis le ministre de la Guerre, le frère servant* des icobins, en avant pour présenter la leçon qu'on lui avoit faite, , nous y voilà. Le piège est tendu, l'apathie nous y fera donîr.

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