‹ Lettres d'aristocratesChapitre 444 sur 541 · Du même au même · texte numérisé non relu

Du même au même

{Jbid., H* 4Î.)

Paris, rue Vivienne, n« 13 ; 7 juin 1792,

... Tout ce que nous avons de nouveau ici, Monsieur, c' qu'on nous jacobine de plus en plus, et que tout va de mal en p On ne sauroit prévoir quel sera le vrai résultat de tout ce Mais, en attendant, on serre le nœud de plus en plus et Ton n( étrangle.

Ne voilà-t-il pas que les Jacobins, qui sentent qu'ils n'aun jamais la garde nationale de Paris pour eux, que c'est i masse de force publique qui les croisera toujours, que c'esi seul corps sur lequel ils ne puissent pas compter, vienne sous des prétextes frivoles et simulés, de faire décréter la le^ et l'envoi de 20 à 25 mille hommes pour renouveler une fé ration au Champ de Mars le 14 juillet. Chaque canton fourn 4 hommes et un cavalier avec le cheval ; puis on feroit cam] ce corps dans la plaine de Saint-Denis. Ce seroit un corps i jacobine et aux ordres secrets des factieux pour s'en faire point d'appui contre la garde nationale, qu'on isoleroit s< (lifférens prétextes.

Car on a subitement supprimé les gardes du Roy^ On viendra à éloigner les Suisses et à envoyer aux frontières trois régimens nouveaux de troupes de ligne formés des Gar< françoises qui sont ici. Toujours est-il vrai que ^tout Paris la garde nationale voit ce projet de mauvais œil, qu'on en p voit un renchérissement dans les denrées et que cette troi d'invention jacobite coûtera fort cher à équiper de pied cap : 15 ou 20 sous par jour de paie, 80 livres d'engageme l'habillement, l'armement, les tentes, bagages, etc.. et Tel major, et ils n'ont plus le sol. On a insinué qu'on prendroit p( cette troupe de nouvelle levée une partie de Tartillerie ( bataillons de Paris. Mais, décret ou non décret, ils ne la ce ront pas. Voilà ce qu'il y a de sûr. Ils n'ont pas envie de laisser isoler, ni diminuer de force. D'autres prétendent < c'est pour préparer le projet d'enlever le Roy et de le me dans les provinces méridionales. C'est le grand, le vrai prc des Jacobins. Mais la poire n'est pas encore mûre ; on la p

1. Par décret Ha 29 mai 1792, l'Assemblée avait licencié la Garde du Roi {Archives lementaires^ t. XLIV. p. 305).

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pare. Vous jugez bien qu'on compte surles piques pour renforcer au besoin celte armée jacobite. Le temps nous instruira du reste. Mais toujours est-il vrai qu'il y a de grands projets dans le portefeuille de messieurs les grands faiseurs des jacobins, qui ne lâcheront jamais prise qu'à Textrémité. Si les choses en venoient à un certain point de découragement sur la frontière, il leur seroit tW^s utile d'avoir et d'emmener le Roy dans les provinces méridionales. Voilà, dit-on, le projet. Ainsi jugez où nous en sommes et où nous en serons. Les journaux vous diront le reste.

Je suis bien parfaitement...

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