M. L ABBÉ MENAGE
thenay et ancien colon de Saint-Domingue, à Jean Babaud de Lafordie, né en n3fi à Confolens (Charente), ci-devant secrétaire du Roi à la chancellerie du parlement de Bordeaux.
Ce d'Hugonneau est le seul des trois derniers auteurs de lettres que je . viens de citer qui obtint sa grâce du Tribunal révolutionnaire. Il établit en elTet assez péremptoirement qu'on l'avait confondu avec son frère Philippe d'Hugonneau qui fit les guerres de Vendée et fut compris dans l'amnistie de Tan VltP.
François-Silvestre Bout, chevalier de Marnhac, né en 4750, à Aumont (Lozère), ancien mousquetaire gris de la garde de Louis XVI. dut son salut à autre chose. Il avait été arrêté pour une lettre (celle-là môme que je publie) écrite à son frère. M. N. de Marnhac, quelques jours après le 10 août, et interceptée. Mais incarcéré à Mcnde le 19 prairial, il ne fut dirigé sur Paris que le il messidor et emprisonné seulement à la Grande- Force le 18 thermidor. Il échappa ainsi en voyage à la rage de Robespierre ; sa mise en liberté ne date pourtant que du 26 nivôse an lU «.
Tout ce que le sais de la lettre datée du 11 août c'est qu'elle fut écrite par deux jeunes gens de Pesmcs (Haute-Saône) à un de leurs amis de Franche-Comté. Elle se trouve en copie dans les papiers d'un certain Lhoste. ami de cet Antoine Dutailly dont on a lu plus haut quelques co^ respondances.
Je publie enfin sur le 10 août deux lettres qui, en dehors de leur fonds même, doivent un intérêt particulier aux circonstances dans lesquelles elles nous sont parvenues. On sait que le 10 août et les jours suivants on arrêta à la poste, au départ et à Tarrivée, tout le courrier des habitants des Tuileries, depuis le courrier du Roi et de Madame Elisabeth jusqu'au courrier de ce Prinner, boulanger allemand, à l'adresse duquel on a retrouvé une lettre de Hoche. C'est parmi ces lettres saisies que j'ai choisi les deux que l'on lira et qui sont écrites : la première par une correspondante dont je n'ai pu découvrir le nom à M. François Hue, huissier de la Chambre du Uoi, la seconde par M" Bayard à son fils.
De Cabbé Ménage au comte de Chasiellux.
(Arch. nal., W 255.)
Du 4 août 1792.
Monsieur le Comte, croiriez-vous que malgré tout ce que vous savez qui se passe d'inconcevable à Paris, malgré les alarmes et les inquiétudes que le défaut de sûreté et de tranquillité y occasionne, il y a une infinité de ses habitans qui prétendent et soutiennent qu'il n'y a point d'endroits dans le