‹ Lettres d'aristocratesChapitre 467 sur 541 · Du même à la même · texte numérisé non relu

Du même à la même

(Ibid., n* 14.)

Paris, le 18 août 1792.

Madame, il y a beaucoup d^apparence que ce ne sera point par mon canal que vous recevrez les premières nouvelles de M.Adrien; car certainement» s'il m'a écrit depuis la lettre du 11, dont je vous ai fait part, celle qu'il m'aura adressée en arrivant à Bruxelles, comme il me Ta voit promis, aura été interceptée, et je vous avouerai que je désire ou qu'il ne m'ait point écrit ou qu'on ait brûlé sa lettre à la poste. Il y a tout à craindre que, si l'on n'a pas pris ce dernier parti, la municipalité ne me fasse arrêter d'un moment à l'autre comme criminel d*Etat, ayant des correspondances avec les émigrés. C'est ce qui vient d'arriver à plusieurs personnes qui n'ont, ainsi que moi, d'autre tort que celui de recevoir des lettres de ceux pour qui ils s'intéressent, sans se mêler aucunement des plans et projets relatifs aux hostilités. Je suis donc depuis deux jours dans des transes affreuses, quoique je n'aie rien à me reprocher. C'est pourquoi je suis occupé à mettre ordre à mes aJTaires ; mon testament est fait, et, s'il m'arrive malheur, on y verra la déclaration que je fais de l'argent que j'ai à lui. Je crois devoir vous prévenir de cela, afin qu'en cas de l'événement que je crains, on n'ait aucune inquiétude dans votre famille sur les fonds qu'elle a droit de réclamer. La seule inquiétude cependant qu'elle pourroi t avoir seroit que la maison que j'habite ne vînt à être brûlée, si, comme différentes sections en font la menace, on mcttoil le feu aux quatre coins de Paris à l'approche de l'armée prussienne, pour s'ensevelir sous les ruines de la liberté. Mais ces menaces ne doivent pas beaucoup effrayer, surtout depuis hier soir que l'on a appris que La Fayette venoit en droiture à Paris, avec une grande partie de son armée qui est très mécontente de la journée du Dix et qui paroît vouloir délivrer le Roy^

1. I.a Paretto avait seulement très vivement proteste contre les d^'sordres da 10 août. Le !'• il élâil déon^l4^ d'accusation, et ce jonr-là môme il abandonnait son armée et passait la rronlière E. Charavay, op. dt., p. 3i3-3î9j.

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