Gou«Mttc« (Mtyennc, cantoa d'Ambriéres
A H. PCBT
le temps aura diminué la douleur de ceux pour qui il
Peut-être aussi, Monsieur, que quelqu'un, auquel j'ai em votre adresse, vous demandera des renseignemens sur fanrille, quand je ne serai plus. Je vous prie de les lui env< et de l'aider dans tout ce qu'il désirera savoir. Ce sera le nier service que vous pourrez rendre à ma mémoire.
Ah ! je ne m'attendois pas au sort qui m'attend. Je meurs lime innocente de ce que la noirceur et la calomnie a de atroce. Mes ennemis, qui m'ont fait gémir depuis neuf r dans les fers, me poursuivent encore. Fasse que leur pers lion et les tortures qu'ils me préparent me fassent trouver gj (levant Dieu qui les jugera ainsi que moi I
Adieu, Monsieur, que le Ciel vous accorde des jours heui et à l'abri des persécutions.
J'ai l'honneur d'être, avec le plus parfait et sincère attac ment,
Votre très humble et très obéissant serviteur.
La Blinièrb.
3. — Du même à M. Fuet^ le jeune, négociant^ rue du Colombier ^à Orléans.
(Arch. Ml., F' 44«7. n» 5^.)
A Étampes, le 7 septembre 1792.
J'avoîs eu l'honneur de vous écrire, Monsieur, la veilh notre départ ; mais il a été si précipité, que je n*ai pas eu le tei de vous envoyer ma lettre. Je fis prier M. Ménage* de v faire remettre mon porte-manteau. S'il ne l'a pas fait, veuil je vous prie, l'envoyer prendre et le garder jusqu'à ce qu puisse vous donner de nos nouvelles; et, si vous apprenez je n'existe plus, rendez-moi le service de le faire emballe de l'envoyer à celui pour qui est la petite boîte que v avez.
M. Duroux^ a touché 938 livres pour mon compte. Je v prie aussi de les lui demander pour les joindre aux dits po manteau et petite boîte, et faire partir le tout le plus tôt
1. Ce M. Méaago éUil concierge do la prison SaiBt-Charles à Orléans.
2. Il y avail parmi les odicicrsdu régimcnl de Cambrésis un Joseph Duroux, oui é jHs du rameux avocat qui plaida la cause de Calas cl fut fait pour cela capitoul de Toul Cesl à ce dernier qu'il esl fait allusion ici.
556 M. POUrVET DE LA BLINIÈRE A M. GÉRARD
VOUS pourrez. Vous voudrez bien vous rembourser des frais dport et assurance de ces effets. Ce sera le dernier service qui vous me rendrez, Monsieur, sans que j'aie la satisfaction d» de m'exprimer à mon gré sur la reconnaissance que je voa^ dois.
Adieu, Monsieur, que le Ciel vous accorde des jours heureux et daignez penser quelquefois à un malheureux.
La Blimère.
Je dois deux mois de loyer de mes meubles à M. Bombereau. Quant à M. Picard S le domestique de M. Adhémar a dû le payer. Pour ma dépense du mois passé, elle ne pouvoit guère se monter à plus de 30 à 35 livres. Je ne laisse aucune chose de plus à payer.
4. — Du même à M. Gérard, ancien officier au régimem de CambrésiSy à Saint- Jean-de-Luz.
(Arcb. nat., F'' 4427, n* 44; publiée dins Morlimer-Ternaux, op. cit,, L 111, p. 5C9.)
A Étampes, le 7 septembre 1792.
Je ne crois pas avoir longtemps à vivre, mon ami. Par la date de la présente, vous verrez que nous sommes en roulf pour Paris. Je vous préviens que je viens d'adresser mes dernières volontés pour être remises à ceux auxquels je les ai cachées jusqu'à présent. Au terme où j'en suis, on ne peut plus cacher ses affaires. Vous aurez donc plus de facilité à faiiv connoître ce que je vous ai confié, d'après ce que j'ai fait.
J'ai écrit à M. Fuet pour le prier de vous envoyer mon portemanteau avec la petite boîte qu'il a depuis longtemps. Il vous fera passer aussi 938 livres que M. Duroux, père, a touché de ce qui m'étoitdû. Vous ferez payer 2401ivres que je dois à M. Goy, chirurgien du 20* régiment ; il a un billet. Jouen en a aussi un de 100 livres que je lui dois. Je suis de plus redevable à Maillé d'un louis. Voilà le reste de mes affaires, mon cher ami, dont j'espère que vous m'acquitterez. Le reste des 938 livres ainsi que tous mes effets sont, comme vous le savez, pour ma triste amie. Gonsolezla et protégez-la, et faites pour la mère et la fille tout ce que votre attachement pour moi vous dictera.
Adieu, mon cher Gérard, je suis si près de ma fin que je ne
1. M. Picard était « régisfcur > dé la prison Saint-Charles, à Orléans.
M. PIERRE DE PARGÂDE A m"^ DE PARGADE
pense plus à ce monde. Recevez donc mon dernier adi« conservez le souvenir de votre malheureux ami.
La Blinière.
Je n'ai pas la force d'écrire à celle qne j'aimerai jusqu'i dernier soupir. Dites-lui après moi mes derniers senti pour elle et pour l'objet de notre commun amour. Adieu
Votre cousin* attend son sort avec impatience, mais i perd ni la gaîté, ni l'appétit. Qu'il est heureux I II est seul ce monde, et les douleurs de son cœur ne font pas ses mens. Il vous embrasse ainsi que moi, et tous les deux nous recommandons aux prières de Madame Gérard.
5. — De M. Pierre de Pargade^ officier au régim de Cambré sis ^ à Ai"* de Pargade^ sa sœier^ à Pat
[Krch. nal., F'' 4427, n? Il ; publiée dans Mortimer-Ternaux, op. ciC, t. III, p.
Étampes, le G septembre 179S
Encore une dernière épreuve, ma chère et tendre pour toi ! Mes maux parviennent enfin à leur comble peines vont vraisemblablement finir. Prépare ma malhei maman à lire cette lettre fatale, et dites-vous l'une et 1 que je ne serai plus lorsque vous la recevrez ; c'est bie incertain .
Je ne m'attendois pas, ma chère maman, de dater ma d'Etampes. On a voulu absolument nous mener à Par demandé l'agrément de pouvoir vous écrire encore un Je ne vous cache pas que je suis bien persuadé que voi recevrez jamais d'autres de ma main. Ma plus grande est de vous laisser en proie à une douleur éternelle. P qui me regarde, j'ai fait le sacrifice de ma vie, en rapf toutes mes peines à Dieu. Si quelque chose peut a votre position, c'est de savoir que je n'avois point mér destinée, de connoître mon innocence. Puisse-t-ellefair( consolation ; c'est le dernier vœu que je forme !
Sarraute est resté à Orléans. Mes malheurs le rame auprès de vous. Sa conduite vis-à-vis de moi est inim ses bienfaits seront gravés dans mon cœur tandis que je rerai. Vous vous en rappellerez également. Je suis fo
1- Philippe-Jacques Gérard, oincier au régîmenl de Cambrésis.
558 M. PIERRE DE PARGADE A M. SABRAUTB
céder ma plume à mes camarade d'infortune pour jouir de cett» dernière douceur.
Adieu, ma très chère et trop sensible mère. Que de plew^ ne verserez-vous pendant toute votre vie !
Nous arriverons dimanche à Paris.