‹ Lettres d'aristocratesChapitre 484 sur 541 · Du même à Af. Sarraute^ à Orléitns · texte numérisé non relu

Du même à Af. Sarraute^ à Orléitns

(Arch. ïi*L, P U27, n" 39.)

Élampcs, le 7 Bepiembre 179i.

Que de chagrin ne vous donné-jc point, mon cher ami ! Qu» de peines ôtes-vous venu chercher auprès de moi ! Pourqu»»! n'avez- vous voulu me fuir ? Je crains que mes malheurs n* retombent sur vous. On nous fait séjourner à Etampes, pou; nous mener, dit-on, à Versailles demain. Vous savez ce qui fait ma tranquillité ! On est bien fort, lorsqu'on n*a rien à se reprocher. Je m'attends à tout malgré cela.

Je suis bien persuadé que vous aurez été à Saint Charles J'ai laissé quelque reste de compte à payer: vous y aurez san> doute fait honneur. Je vais soumettre ma lettre au générai Adieu, mon cher ami, je désire que vous soyez plus heurciu que moi.

J'ai écrit hier à ma sœur. Vous plaindrez ma malheureux*' mère autant que moi.

Je vous dirai aujourd'hui que la lettre, que je vous ai remis* pour M*'® Pommier, contient une pièce, où l'on trouvera plusieurs nullités. Ce n'est pas étonnant, ne connoissani point lc> formes. Mais elle n'en [est] pas moins bonne. Un mauvais cidevant procureur me l'avoit dictée...

7. — De M. Hubert de Lassaux^ * ancien brigadier dt^ Gardes du corps ^ à M. Maringer de Pelling^ ci-dectmi curé et doyen à Tinsdorffy par ThionviUe^ à Sierck^.

(Arch. nat., F» 4427, n« 18.)

ÉUmpes, ce 7 septembre 17W.

J'ai oublié, mon cher doyen, un article dans mon testament,

1. OUe lettre n'élanl pas signée, je ne cache pas que cette attribution est très dookivr €t qu'elle n'est fondée que sur une probabilité. i. Aacien département de la Moselle, arrondissement de HUonTille.

H. HUBERT DB LASSAUX A M. IIABINGER DE PELLING 55

et comme je ne veux rien [avoir] à me reprocher, je vous pri de faire venir une fille, qu'on nomme Marie; c'est la fill d'une veuve dont je ne sais pas le nom dans ce moment-ci mais par un surnom on l'appelle Betzelgen. Elle est accouché cet hiver, depuis mon départ, et la Nannette, ma cuisinière, ei est la marraine, c'est-à-dire de son enfant. Ainsi vous la décou vrirez aisément. Gomme on m'a dit qu'elle avoit dit que c'étoi moi qui étois l'auteur de son enfant, et si cela est, vous [le] k demanderez en conscience; mais je ne puis le croire. Si cepen dantelle le confirme, je vous prie de lui faire donner par me héritiers une somme de 300 livres une fois payée. Cette somm ne sera pourtant payée qu'après les legs faits par mon testa ment, et prise sur les revenus des fonds, quand toutes le charges seront acquittées. Je vous renouvelle que je ne pré tends pas qu'on fasse la moindre retenue à madame de Menten ni sur ce que je lui dois, ni sur les legs que je lui ai faits. Ce son ainsi mes dernières volontés, et j'espère que mes héritiers ] feront honneur. Je suis bien fâché de ne pas pouvoir leur laisse davantage. Si le bon Dieu me préserve mes jours, je pourra leur faire davantage.

On est venu nous chercher de Paris pour nous y conduire Aujourd'hui, on nous a dit qu'on nous mèneroit à Versailles. S nous pouvons y arriver sans accident, je vous le marquerai sinon, vous l'apprendrez par les papiers publics. Alors voui écrirez à l'adresse que je vous ai donnée dans ma dernièn lettre à Orléans, et vous réclamerez de plus un porte-mantea» que je prie le concierge de la prison de leur envoyer; plus voui les prierez d'envoyer chez M"* Louvellc, marchande de mode! rue Royale, demander six mouchoirs blancs que M"® Saint Louis a remis à ses ouvrières pour me les ourler, et voui les remettrez à M™* Dairing (?)... C'est le dernier service qui je vous demande et que j'espère que vous ne me refusere: pas.

Je vous recommande mon âme dans vos prières, et je vouj prie de présenter mes respects à madame votre mère ; je me recommande aussi à ses prières.

P,'S. — Vous ferez répéter 120 livres qu'un nommé Grûnheiser, de Batzdorff, me doit pour un cheval que je lui ai vendi cet hiver. C'est le fermier du curé à qui vous ferez bien mes complimens ainsi qu'à tous mes amis et parens.

OÔO M. DE PIERRBPONT A M"* DE FROTTEUANVILLE

8. — De M. François de Montjustin^ capitaine au régiment de Cambrésis^ à so7i frère ^ M, de M ont Justin, à VesouL

{Ibid., n» Al.)

Étampes, ce 6 août [sic) 1792.

Deux cents livres de viager à notre frère des Invalides, trois cents livres à celui de la cavalerie, le reste à vous. Je co'nnois votre honneur et votre probité qui m'assurent l'accomplissement de mes vœux. Le sentiment de mon innocence est mon égide ; ce n'est pas un préservatif contre les préventions, mais mon courage et ma fermeté me sont un bien assuré contre tout événement. Si cela ne diminue pas les regrets de la perle d'un cœur qui a toujours été tout à vous et qui partageoit votre tendresse pour votre amie, votre consolation doit recevoir un motif dans ma sérénité.

Si fractus illabatur orbis Impavidum ferient ruinae.

Mille prospérités à la petite Céleste.

François de Montjustin.

9. — De M. Charles-Louis de Pierrepont de Saint-Marcoust à A/"*" de Frottemanville^ à Valognes.

{Ibid., P 44Î7. n* 40.)

Ëtampos, 7 seplembre 1792.

M. ïassin vous aura sans doute instruite de notre départ pour Paris. Nous avons séjour ici et venons d'apprendre que nous allons être transférés à Versailles. C'est là tout ce que je puis vous dire de certain. Je sais combien vous allez être affligée, jusqu'à ce que je vous aie donné des nouvelles plus positives sur ma situation. Imitez-moi, soyez calme et tranquille. Il ne faut pour cela qu'écouter la voix de la conscience. Je me porte bien. Je souhaite ardemment que ces lignes vous tranquillisent un peu et suis et serai jusqu'au dernier soupir voire respectueux ami.

Mes amitiés à mes sœurs.

Pierrepont.

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