‹ Lettres d'aristocratesChapitre 486 sur 541 · M. ANTOINE DE MONTGON A M*"® PUR AND DE LA ROQUE · texte numérisé non relu

M. ANTOINE DE MONTGON A M*"® PUR AND DE LA ROQUE

les assurances du tendre attachement que j'ai pour vous. Dans la position où nous sommes, il faut mettre à profit le présent, car l'avenir est incertain. Que cette réflexion ne vous alarme pourtant pas ! 11 est bien vrai que nous courons des risques ; mais notre escorte et leur commandant sont très résolus à nous en garantir autant qu'il dépendra d'eux. Nous sommes partis mardi d'Orléans, au nombre de 53 prisonniers, pour être transférés dans les prisons de Paris. L*Assemblée n'a pas approuvé ce voyage et a envoyé en conséquence une commission pour arrêter notre marche sur cette ville. On dit que nous n'y allons plus et que nous serons conduits à Versailles. Nous devons partir demain et nous arriverons à notre destination après-demain. Notre manière de voyager est peu agréable; mais notre route de Perpignan nous a voit aguerris. Aussi nous nous trouvons moins malheureux que nos autres compagnons d'infortune, à qui cette manière d'être doit paroître bien péniHe et assez étrange. Nous soupirons tous après le moment de notre arrivée, parce qu'on nous fait espérer un prompt jugement. Vous savez que nous soupirons apri*s depuis bien longtemps. Il est affreux d'être privé delà liberté le plus grand des biens, lorsqu'on n'a aucun reproche à se faire, et que l'on est victime de la calomnie la plus noire et des circonstances malheureuses.

Rappelez-moi, je vous prie, au souvenir de toute la famille Faites nos amitiés à vos enfans et recevez, mon oncle et vous, les assurances du tendre et inviolable attachement que vous ont voué pour la vie les deux plus affectionnés de vos neveux. Je suis l'interprète des sentimens de mon frère ; je connois ses sentimens pour vous, et je ne risque rien d'être sa caution.

Ne nous oubliez pas l'un et l'autre auprès d'Alix.

MoNTGON

Attendez pour m'écrire que je vous donne de nouveau de mes nouvelles. Adieu.

12. — Du même à 3/'"®d^ Montserre^ Cainée^ chez M de Fourquevaux^ à Toulouse,

{Ibid.. n« 53.)

Étampes, le 7 septembre 1792.

L'intérêt que vous avez eu la bonté de prendre à nos malheurs me fait un devoir de vous instruire, Mademoiselle, de notre

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sort actuel. Je le remplis avec d'autant plus de plaisir que ne sais quand je pourrai me livrer de nouveau à une occu] tion si agréable. Quel que soit notre sort à venir, croyez q nous ne perdrons qu'avec la vie le souvenir de toutes les m ques d'amitié que nous avons reçues dans votre famille, et c rattachement que nous vous avons voué particulièrement périra qu'avec nous.

Je crois vous avoir mandé dans ma dernière lettre qu'il él question de notre translation à Paris. Le bruit qui en coun et dont je vous faisois part, s'est réalisé. Nous nous somn mis en route mardi et sommes ici depuis hier. Les gan nationaux nous escortent. L'Assemblée, n'approuvant pas no voyage à Paris, a envoyé cinq commissaires qui ont char notre destination. On dit que nous partons demain pour V sailles. Il me tarde bien d'arriver au terme de notre woyi quel qu'il soit, car nous faisons route d'une manière j agréable. Ne m'écrivez pas que je ne vous donne de mes n( velles, ou servez-vous de l'adresse que je vous ai donnée pi Orléans; on me fera parvenir vos lettres. J'ai été obligé me séparer de ma petite chienne. Je suis destiné à laisser chiens et des effets partout. Je ne l'ai cependant pas donn elle me vient de vous. Elle sera envoyée chez une de r parentes, qui me la gardera jusqu'à ce que j'aille la repren chez elle. Je ne sais quand j'en aurai la liberté. On nous espérer que nous serons bientôt jugés; c'est tout ce que n< désirons.

Mes hommages à votre amie et à mademoiselle votre soe Quand vous écrirez dans votre famille, faites mention de no Adieu, Mademoiselle, croyez à l'inviolable et respectueux a chementque vous a voué pour la vie votre très humble et t affectionné serviteur.

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