‹ Lettres d'aristocratesChapitre 491 sur 541 · Du même à la même · texte numérisé non relu

Du même à la même

[Paris], ce mercredi 5 décembre [1792].

J'ai reçu hier au soir, ma chère Fanny, ta lettre datée du 1 Je vois que vous vous portez tous bien malgré la cherté du pain et la rigueur de la saison. Je t'assure que je voudrois bien qu'il m'en eût coûté le petit doigt et être avec vous, car ce séjour-ci est bien désagréable et bien funeste dans ce moment. On est continuellement dans les transes. Les agitateurs agissent sur le peuple d'une manière bien inquiétante pour ceux qui, comme moi, aiment la paix. On craint à chaque minute une nouvelle insurrection soit contre les marchands et les magasins, soit contre la Convention nationale, soit contre les Jacobins, soit enfin contre les prisonniers du Temple. La Convention est menacée depuis quelques jours par des scélérats. Elle s'est décidée à faire le procès de Louis, et il se pourroit que, quoique son jugement fût très prochain, les malveillans ne veuillent pas encore attendre qu'il soit rendu et n'aillent le prévenir. Ces craintes, augmentées depuis avant-hier par le retour des assassins des 2, 3 et 4 septembre, ajoutent encore aux terreurs des capitalistes...

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