‹ Lettres d'aristocratesChapitre 509 sur 541 · LE MARQUIS DE ROME A 11. DE SALABBRBT · texte numérisé non relu

LE MARQUIS DE ROME A 11. DE SALABBRBT

dit-il, mon temps d'officier général comme la seule récompense due à mes mérites. Tu conviendras qu'ils ne m*ont pas enrichi. Malgré cela, il me renvoie au Comité, en disant que je suis dans le cas d'exception, mais qu'il ne peut rien prendre sur lui, mais que tout ce qu'il pourra pour m'obliger... U m'a lâché une phrase impertinente, étj'ai répondu sur le même ton. « Je m'élonne, m'a-t-il dit, comment on a pu rendre une pareille ordonnance pour un individu seul désigné. — C'est, lui ai-je répondu, parce que cet individu étoit seul en état de la provoquer par ses talens ». Il m'a fait beaucoup de politesses ensuite. J'ai rendez-vous à jeudi. Je verrai ensuite M' Normandie, et tâcherai de finir de manière ou d'autre, et je m'en irai dès que je le pourrai. C'est un pays affreux. J'allai samedi par un beau soleil promener mes chagrins et mon ennui aux Champs-Elysées. La fraîcheur venant, je retournai par la statue de Louis XV. Je vis autour du piédestal bien du monde. La curiosité me pousse. Je poque presque le nez sur une guillotine. . . Je n'eus que le temps de prendre mes jambes à mon col, et je cours encore. On assure que Sainte-Foy* et Blanchelande' ont été exécutés dans la nuit d'hier. Ils avoient été jugés dimanche à perdre la tète. Il en va tomber comme des mouches.

Adieu, mon ami, brûle ma lettre. Dis mille choses respectueuses à ta moitié... je t'embrasse de tout mon cœur.

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