‹ Lettres d'aristocratesChapitre 529 sur 541 · De Af"*® de Thomassin à son mari · texte numérisé non relu

De Af"*® de Thomassin à son mari

(ArcU. nat.. W 363, doss. 793, !'• partie, u- 37.)

A Vitry *, à midi.

J^arrive, mon très cher ami, ^ort fatiguée, et encore, moins que je ne le craijçnois. J'y couche et à l'auberge, le citoyen gendarme ayant obtenu de la municipalité que je n'aille pas en prison vu ma santé. Je t'écrirai tant que je le pourrai, t'aimerai toujours plus que moi-môme. Mais je me sens le courage nécessaire pour supporter les coups du sort. Ne t'afflige pas trop, aime la vie pour tes enfans pour qui tu dois réunir tous tes sentimens. Fais différens cadeaux de mes effets aux parcns et amis qui me sont chers. J'espère les revoir, ainsi que toi, mon bien-aimé. Adieu, adieu ! Partagez entre vous tous tendresse et souvenirs précieux. Mille baisers à mes pauvres enfans. J'ai pris une voiture couverte à la Gravière* et puis la poste à mes frais.

Adieu encore, je t'embrasse de toute la force de mon cœur déchiré.

C'est moi qui me nourrirai. Il paroît que je vais à petites journées. Surtout tranquillise-toi, l'innocence ne redoute rien, et ménage ta santé, ainsi que sœur, nièce, tante et autres parens et amis, dont l'attachement sera toujours un adoucissement à mon infortune.

Mandat-Thomassin.

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