‹ Lettres d'aristocratesChapitre 57 sur 541 · A M. DE SAVI6NY · texte numérisé non relu

A M. DE SAVI6NY

étoît chez le Roy, deux électeurs de Paris * nous apportèrent les détails suivans :

Extrait du procès-vei'bal du Comité de la sûreté de Paris*.

« Messieurs, il est impossible à des cœurs françois vivement affectés dans ce moment de vous peindre les malheurs de leur patrie. Pardonnez le désordre de nos idées dans une circonstance des plus désastreuses.

« L'établissement des gardes bourgeoises, qui avoit été lait hier fort heureusement, avoit procuré une nuit assez tranquille. Par le compte des opérations des districts rendu au Conseil permanent, il est constant que plusieurs particuliers non enrégimentés ont été désarmés, et leurs armes rapportées soit aux districts, soit à THôtel de ville. Ce matin, un escadron d'houssards, qui s*est présenté dans le quartier Saint-Antoine, a répandu une alarme générale et excité la fureur du peuple. U s'est porté dans le quartier de la Bastille pour connoître les intentions du gouverneur. Sur Tavis qui en a été donné au Comité, il a invité M. de Rulhières, commandant de la garde de Paris*, et deux compagnies de Gardes françoises à aller au secours du peuple que Ton disoit avoir été attaqué par les houssards. A peine furent-ils arrivés que les houssards ont disparu. Bientôt après, une partie du peuple nous apprit que le gouverneur de la Bastille avoit fait tirer sur les citoyens. Ce même peuple s'étoit emparé de trois invalides de la Bastille, qu il a amenés à THôtel de ville et que le Comité a fait mettre dans les prisons de THôtel.

« Le Comité, voulant prévenir les malheurs qui pouvoient arriver à la Bastille, y a envoyé trois députations : une composée de M. Tabbé Fauchet et de trois autres membres du Comité, pour conjurer M. le marquis de Launey ^ de ne point faire tirer le canon de la Bastille et, afin de calmer le peuple, de recevoir une Garde bourgeoise. Ces messieurs, après avoir

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