Les clercs du Palais, du Chfttelet et des notaires
A K. OBSBROUX If
tpouvoient à FEcole Militaire servirent à traîner les canons que le peuple plaça à l'entrée des quais, des avenues» de» prîncipaies rues. Les chefs de quartier, élus par le peuple, établirent po«r le service militaire une garde de 40.000 hommes, distribués partout, arrêtant les voitures, les personnes, les étrangers, se saisissant des ehevaux et ne permettant à peisonne de sortir de Paris. Abbés, financiers, bourgeois, parlementaires, tous arborèrent la cocarde pour se soustraire aux insultes. On porta de fortes gardes au Trésor royal, à la Caisse d'Escompte, au Bureau des lettres. On dissipa cet odieux Bureau des secrets qui est la Bastille de la pensée. M. d'Ogny* courut risque de la vie ; le lieutenant de police * ne sauva la sienne qu'en se présentant à l'Hôtel de ville pour se démettre de ses fonctions.
De ce moment, il y eut une espèce d'ordre ; on pendit plusieurs brigands qui commettoient des vols. Mais cet ordre exercé par une multitude exaltée, défiante et sanguinaire, qui cxécutoit à l'instant les malheureux qu'elle jugeoit coupables ou qu'elle soupçonnoit, lit trembler tout le monde. Chacun s« renferma ; Paris ne fut plus que comme une citadelle occupée par des soldats.
Le mardi, on envoya prier le gouverneur de la Bastille de ne pas tirer sur la ville. Les envoyés se présentèrent avec le drapeau blanc ; on les laissa entrer. Mais le peuple, forçant le passage, s'introduisit; alors le pont-levis fut levé et le gouverneur, bien fondé à croire que Ton vouloil le surprendre, fit Urer sur ceux qui y étoient enfermés ; il y en eut quatre ou cinq de tués et beaucoup de blessés. La place étoit gardée par 60 Invalides et une vingtaine de Suisses encore enfans. Le peuple qui entendit tirer devint furieux ; des échelles furent apportées ; des canons, dressés contre la porte, y firent brèche ; on brisa les chaînes du pont à coups de hache ; un garde françoise, tenant son épée entre les dents, s'élance sur le pont qui baissoit et fait effort pour le retenir. D'autres, grimpant sur les épaules les uns des autres pour s'élever à la hauteur de la porte, et malgré les coups de fusil, parviennent à faire tomber le ponl. Alors tout fut forcé. Les ofiiciers de la Bastille faits prisonniers, on pille, on brise, on jette tout par les fenêtres et on va au secours des prisonniers. Il ne s'en est trouvé que sept^
t. Clsnde-Prençms-lfarie Rrgoley, baron d'Ognr, intendant générât des postes aux lettres rt an eherauT.
,.h\S^ Thiroui de Crosne (1736-1794). dernier lieutenant général de police, de 1785 au 16 jmUet 178», où il se démit de sa charge entre les mains de Bailly.
3w Oo y troura : Taremier, complice de Damions, détenu depuis le 4 avril 1759; le comte