‹ Lettres d'aristocratesChapitre 89 sur 541 · Lettre du 25 février 1790, publiée plus bas sous le u · texte numérisé non relu

Lettre du 25 février 1790, publiée plus bas sous le u

^'^^fentaire des Archives dauphinoises de M. Henry Morin-Pons, rédigé et publié PWUlyite Chevalier et André Lacroix, t. I (seul paru), p. 102-103. n« 467. — Archives •»k««»»l«s, MU 810. p. 34. \ r I r

*• Archives nationales, 0* 3673, et Gazette de France, n» du 25 septembre 1772. 1 Oaxetle de France, n» du 15 mars 1781.

102 H. DALBIGNAC

qu'en mai 1783, il fut reçu dignitaire des ordres du MontrCarmel el de Saint-Lazare ', qu'il devint général sous l'empire, (^l'il mourut enfin en 1810 Kt je n'ai point non plus découvert des détails aussi précis que je leosse souhaité sur ceux de ses correspondants, dont je publie les lettres *.

Car parmi ces 164 lettres, j'ai dû naturellement faire un choix, ou j'aurais rempli un volume. J'ai donc seules retenu celles qui m'ont paru donner les détails les plus vivants, les plus vécus sur les principaux épisodes de CCS sombres et pluvieuses journées d'octobre : l'arrivée des fenunes de Paris dans la soirée du 5; les événements de la nuit du 5 au 6; le massacre de MM. des Uuttes et de Varicourl ; la défense de la chambre de la Reine et de l'escalier de Marbre ; la défense de la salle Dauphine ; le rassemblement à l'ÛKil-de-Bœuf; le retour à Paris.

Certes il y a là de quoi ressusciter cet horrible passé !

i. — De M. dAlbignac ' au comte (ï Agonit,

(Arch. iiaL, C 222, n» 160«", p. 1-14.)

Le 10 janvier 1790.

Je vais selon vos désirs, Monsieur, vous donner tous les détails de l'exéerable journée du 5 au 6 parvenus à ma connoissance, soit pour les avoir vus, sus ou entendus. Je passerai rapidement sur ce que vous savez déjà

Nous montâmes à cheval à 3 heures et demie, pour nous rendre sur la place d*Armcs. A peine étions -nous en bataille en face de l'avenue, qu'une colonne de femmes d'environ 5 ^ 600 vint poquer contre ma brigade qui masquoit la grille. Il y avoit quelques hommes, armés de piques et de crocs, mêlés parmi ces femmes. Des hurlemens affreux, des cris horribles effarèrent beaucoup nos chevaux. Nos rangs s'ouvroient, et les femmes saisissoient ce moment pour passer. Au milieu de ces cris nous distinguions les demandes de voir le Roy pour avoir du pain. Nous leur répondîmes toujours avec douceur que c'étoit impossible. Nous leur proposâmes d'en laisser passer douze d'entre elles. Elles répondirent qu'elles vouloienl passer toutes el qu'elles passeroient toutes. Le duc de Guiche ' étoit à côté de moi. Je lui dis : « Monsieur le duc, ceci n'est

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