Sous la cole C 222, n
2. A. Malhiez. Etude critique sur Ie$ journées des 5 et 6 octobre (Revue historique, , LXVIl à LXIX, 1898-1899 ; t. LXVII, p. 248).
3. Procédure criminelle instruite au Chàtelet d/e PwriSy sur la dénonciation àct faits rrivés à Versailles dans la journée du 6 octobre nS9, imprimée par ordre de VAssemlée nationale y Paris, Baudouin, 1790. trois parties, io-12.
LETTRES OB MH. D ALBIGNAC, DBSPLAS, IIOREAU, ETC. 101
même du recueil en question, lettres adressées par lui au Roi, la première pour lui annoncer son intention de rassembler les souvenirs des Gardes du corps sur les journées d'octobre, la seconde pour lui notifier reoToi de ces documents, qui doivent, exposc-t-il, prouver à Sa Majesté « la fidélité et le dévouement de ses Gardes..., leur prudence, leur sagesse, leur courage..., les fautes commises par les cfkefs qui les comman« doient..., la marche des brigands, les horreurs dont ils se sont souillés, les crimes qu'ils projetoient * ».
Malheureusement, aucune de ces deux lettres n'est signée, et la seconde question que j'ai dit plus haut se poser, à savoir quel est le mystérieux correspondant auquel les Gardes du corps firent parvenir leurs souve- Dirs, reste ainsi sans réponse.
Cette réponse, je crois toutefois pouvoir la donner à l'aide des trop rares détails échappés à la plume des a écrivains », et relatifs à la situalion, à la qualité, au titre de leur correspondant.
C'était un officier des Gardes du corps : la lettre de M. d'Àlbignac* porte en effet la suscription : « À un de ses amis, officier supérieur des Gardes du corps ». Cet officier avait le grade d'ofScier général, puisque M. de Pouy, sous-lieutenant de la compagnie de Villeroy *, l'appelle : « Moa cher général ». Cet officier général avait droit au titre de comte; le chevalier d'Arbonneau le qualifie provincialement de a Monsieur le Comte a*, i^fin il parait bien n'avoir point commandé lors des journées des 5 et 6 octobre.
Ces observations faites, si l'on se reporte à la dernière liste générale des Gardes du corps, on s'aperçoit que le champ des recherches est tout de suite très limité. Trois officiers des Gardes avaient seulement le titre d'officiers généraux : le major général Charles- Albert-Xavier, marquis d'Aguesseau ; le premier aide-major général, Louis-Annibal, comte d'Agoult ; le second major général, Antoine-Jean, vicomte d'Agoult. Mes lecteurs auront, à la lecture de ces trois noms, bien vite fait le travail d'identification, qui m'a, je l'avoue, par suite de difQcultés de détails, qoe je passe, retenu un peu plus longtemps, et auront nommé déjà le comte Louis-Annibal d'Agoult comme l'inconnu. Cette supposition se trouvera confirmée d'ailleurs par le fait que c'était, nous le savons, non pas lui, mais le vicomte Antoine-Jean d'Agoult, qui faisait, les 5 et 6 octobre, ionctions d'aide-major général.
Louis-Annibal, chevalier d'Agoult, puis comte d'Agoult, depuis 1783, né en février 1747, était le cinquième des huit enfants d'André d'Agoult, seigneur de Saint-Michel et de Madeleine Dauvet de Grandmaison ' . Il fut nommé en 1772 aide-major général*. J'ai trouvé fort peu de renseigneïnents certains sur lui. Je sais seulement qu'il se maria en mars 17«i^
1. Les deux leUres doot je parle sont conservées aux Archives nationales sous la cote C 183, ■^ H bii el 96 biê.