A" COUTE
Répétiteur d'aaalvBe et eiamiDSteur d'ad-
misiioD k l'Eoole polfleobaîque {10, ruB
MoDsieur-le •Prince).
A Monsieur le Générai de Lamoric\ère, ministre de la guerre.
(Copie confonne.) ' (Pereonoelle.)
PariB, le dlratDohe 13 Jalllet 1848.
CrrOTZH HIKIETKE,
Vons ayant écrit lundi dernier pour tous demander une audience immédiate, destinée à voai Boumettre une réclamation trËs-nrgente, je n'ai encore obtenu aucune réponse. Ce silence, contraire i. tous les usages ministériels, et particulièrement inattendu envers votre ancien maître, me fait présumer qne déjà TOUS tentez spontanément d'empêcher la nouvelle iniquité iuiliquée dans mon billet.
Pour fortifier celte disposition, j'accuse aujourd'hui de prévarication formelle le conseil de perfectionnement de l'Ecole polytechnique, an sujet de sa récente présentation quant aui eiaminateurs d'admission. Afin de mieux préciser cette accusatien, je dois ajouter que la grande majorité de ce conseil ne me parait .ici coupable que de faiblesse ou de négligence, sous les menées de MM. Mathieu, Liouville et Regoault, auiquels j'impute directement la malversation. Je tous demande d'instituer, à cet égard, une enquête spéciale, ci) je puisse tous démontrer tout ce que je Tiens d'avancer.
Vous pouveE déjà concevoir cette affaira sous son vrai jour, en la ratlacbant à ma spoliation de 1844, qui se trouve ainsi irrévocablement consommée. M. le maréchal Soult, dont je ne craindrais pas, au besoin, d'invoquer le témoignage, soumit alors l'ensemble de ce conflit à un eiamen approfondi, d'après lequel il bldma avec énergie la conduite de mes ennemis, dans une lettre oKiciella du 15 juillet 1844, où il refusait expressé-
méat de sanctionner la perséculion o^aniséa contra moi. S& noble fermeté a dû laisser, an mioîsldre de la guerre, des traces qui TOUS Foorniraient des renseignements préalables. Les trois lettres que je lui adressai sur ce sujet, en 1844, les 2B janvier, 30 mai et 19 décembre, suturaient pour caractériser celte lutte. Si elles ne se trouvaient plus dans les cartons du ministère, il doit en exister, k l'Ecole polytechnique, des copies teituelles qne je as alors à la prière de U. le général Rostolan, qui les a ensuite laissées à son successeur, comme places officielles. Elles vous expliqueront la principale origine de ma spoliation, qui, outre de coupables animosités personnelles, entièrement étrangères à mon service polytechnique, punit surtout mes efforts philosophiques pour réformer notre absurde régime scientifiqne.
Quoique une légalité vicieuse ait empêché le ministre de (844 de me garantir autant que la justice lui semblait l'exiger, il n'osa point adopter la mesure décisive qne je lui proposais, de retirer définitivement aux conseils polytechniques toute présentation des examinateurs d'admission, dès lors nommés directement par le minbtre. 11 crut avoir assez contenu l'essor ultérieur des intrigues scientifiques en transférant les choix au conseil de perfectionnement. Hais l'expérience actuelle prouve l'insuffisance de cotte amélioration. Les coupables haines qui me poursuivent depuis huit ans ne peuvent céder qu'Jt la mesure que je propose de nouveau. Elle devient aujourd'hui plus facile en môme temps que plus urgente, d'après la profonde altération des préjugés publics en faveur des corporations scientifiques. Ces abus peuvent être maintenant réprimés par le pouvoir central, sans susciter les clameurs empiriques qui entravaient, il y a quatre ans, une telle fermeté.
Ce cas fournirait une heureuse occasion partielle de revenir aux vrais principes administratifs, qui prescrivent de ne demander & des assemblées irresponsables, surtont scientifiques, que des renseignements ou des avis, sans leur conférer aucune décision, surtout personnelle. Outre les menées criminelles dont
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je m'engage h constater l'existence, cet acte du conseil palytecbnique témoigne une incapacité radicale, directement nuisible & un impartant service. Car on confie ainsi un office trèsdifficile i. des jeunes gens dépourvus de tonte eipérience didactique, et pleinement étrangers à la connaissance des hommes, indispensable à des fonctions où il faut écarter les trois quarte des concurrents. Leur empressement à solliciter, ou du moins à accepter sciemment, une succession résultée d'auB spoliation notoire, sufSrait pour prouver qu'ils ne remplissent pas mieux les conditions morales que les conditions intellectuelles d'nne charge qui exige surtout une austère probité et une fermeté inébranlable.
L'intérêt public m'oblige donc, encore plus qu'âne légitime défense, d'insister, auprès d'une autorité supérieure aux passions pédantocratiques, pour signalei", ft cette occasion, la réforme nécessaire de notre régime polytechnique. Ce régime contribue beaucoup A la notable décadence d'une école déjà inférieure i. la réputation que lui mérita sa noble institution répnblicaine. Tombé sous l'empîre d'une classe sans élévation
iseement subit nne dégéive intervention du gonin fortune particuicitude. C'est pourquoi je
morale ni mentale, ce précieux établi néraiion rapide, qui réclame une acti vernement. Je m'estimerais heureux si lière éveillait cette indispensable solli dois insister sur l'enquéle queje vous demande, et dont je vous démontrerais la nécessité dans l'entrevue spéciale que je persiste i. réclamer. Avant de soumettre enfin l'ensemhle de cette grave affaire au suprême jugement de l'opinion publique, je dois épuiser tous les moyens réguliers d'obtenir justice ou réparation.
Saint et fraternité, Auguste CoHTl, Auteur da Syilème de Fhilosophit posilive, 10, rue Monsieur-lc -Prince.
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