SÎ LETTRES D AUOUBTE COMTE
avec vous, doit, ce me semble, h&ter beaucoup l'instaQi où la nouvelle école instituera un contact philosophique habituel avec l'ensemble du public avanc^. Quant au bien immense que peut faire dès aujourd'hui cette relation périodique, il serait superflu de vous le signaler; la seule interveotiou permanente au milieu de la fluctuation actuelle d'un point de vue toujours homogène et déoisif dans les sciences .et la philosophie, comme dans la politique et la morale, constituerait nécessairement un service fondamental. Cet olBce, quif j'ose le penser, était impossible, surtout à moi, à remplir suffisamment avant l'achèvement de mon grand ouvrage, me semble devenu strictement réalisable depuis cette publication ; quoi qu'il pût d'ailleurs être encore plus complet après mon traité spécial de sociologie , il n'en exige pas absolument l'exécution préalable. Tout me porte donc à croire que je me résoudrai finalement à cette nouvelle existence ; toutefois, si je ne pouvais compter sur votre coopération habituelle, l'entreprise me semblerait peu exécutable. Votre sagesse personnelle aidera d'ailleurs à résoudre le dernier doute qui me reste à cet égard, etqui constitue le principal motif de mon indécision actuelle sur la conciliation de ce travail périodique avec l'ensemble de la grande élaboration que j'ai annoncée pour mes douze ou quinze dernières anoéei de véritable activité philosophique. Ce n'eut pas quant au temps que cette conciliation me semble
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difficile, car la catastroplie individuelle que je viens de Bobir me laisse immédiatement trois mois de vacance annuelle, pendant lesquelsje crois pouvoir écrire aisément le volume que je compte annuellement pour mes travaux personnels, en regardant le reste de l'année comme trop occupé par la direction ou la rédaction de la Revue pour me permettre de m'y livrer assez. Le conflit me semble surtout logique par l'embarras de conduire habituellement mes pensées selon deux voies simultanées aussi différentes que celles de l'actualité et de la généralité. Je crains, en un mot, d'altérer ainsi mon point de vue philosophique habituel, de façon à nuire aux grands ouvrages qui me restent et qui me semblent encore plus importants que cette influence périodique pour l'installation sociale de la nouvelle philosophie. Cependant, il est possible, à mes yeux, de résoudre assez cette grave difficulté, en établissant entre les deux ordres de travaux coexistants la séparation nette et tranchée que comporte l'exécution préalable de mon livre fondamental, oil sont d'avance établis suffisamment tous les principes dont la Revue devra faire l'application graduelle, selon les indications spontanées de la marche des événements, sans qu'elle ait jamais à s'occuper spécialement d'aucune démonstration dogmatique. En concevant cette Revue comme une sorte de prolongement continu et détaillé de mon analyse historique de la situation actuelle contenue dans mon sixième volume, elle